Parc national Los Glaciares

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Mis en ligne le29 Avr 2012 dans 16-Argentine

¡Hola compadre!

Adiós Ruben. Merci pour les tartines à la rhubarbe et la chaufferette au gaz. Le temps de s’évader de quelques jappeurs sournois et nous étions déjà en selle pour traverser du côté argentin.

La steppe est toujours aussi gelée, les bosquets jaunis s’embrouillent à l’horizon avec les tons de bleus et de mauves du ciel infini. Passé quelques pueblos au milieu de rien, la cordillère réapparaît. Le lac Argentino borde les berges d’El Calafate de son bleu royal.  La petite ville touristique nous accueille dans son terminal d’autobus. Il y a plein de graffitis dans les toilettes. Le premier que je lis commence par « putos chilenos » avec des inscriptions partout barrées et rebarrées que je ne comprends pas. La porte de la toilette ne se barre pas, il n’y a pas de papier et ça ne flush pas. Ça ne sent pas la rose, disons. Dehors, une femme engueule vivement son enfant, des potes rient à gorge déployée. Nos premières impressions témoignent du côté plus démonstratif des Argentins.

Pour un débutant dans la langue de Maradona, je peux dire que les échanges entre moi et les Argentins sont assez durs de comprenure. « ¿Cómo te jamas? ¿Vos sos de qué país? La officina de turismo esta para acha… » Pas trop vite le gaucho, je viens d’apprendre mon troisième verbe au présent. À noter qu’ils articulent plus que les Chiliens et on dirait qu’ils inventent moins de mots. Bueno.

Le lendemain, nous partons pour le glacier Perito Moreno, probablement le plus spectaculaire au monde. Sur un promontoire, une série de paliers en métal enclavé par des clôtures aménagés dans les règles permettent d’admirer le champ de glace éternelle.

L’énorme masse de glace termine sa lente course de balourd gelé de façon subite. Une tranchée nette d’une largeur de 5 kilomètres forme une falaise d’environ 60 mètres de haut. D’étranges bruits sourds se mêlent aux puissants craquements clairs de la glace qui se fend sous la pression. Ça gronde et ça grommelle, parfois même, des morceaux se disjoignent de la devanture et sombrent à l’eau. ¡Magnífico!

Le jour suivant, nous filons un peu plus au nord de cette Patagonie quasi inhabitée. Il ne faut pas oublier l’esprit du cóndor qui survole la plaine, les rhéas (ñandú), ces sortes d’autruches, qui couraillent et les renards de Magellan (zorro colorado) qui gambadent au travers des guanacos. La petite bourgade d’El Chaltén est bien assise au pied d’une autre série vertigineuse de pics de granit : le mont Fitz Roy.

Nous passons deux jours à explorer les sentiers, les miradors et les lagunes gelées. Les couleurs chatoyantes d’automnes sont toujours au rendez-vous dans les rares forêts de ces étendues de terre. Le soleil s’élève très peu, il est au zénith en plein nord. D’ailleurs, les plus grandes fenêtres des maisons sont orientées vers le nord ici-bas comme me le faisait remarquer Louis en Nouvelle-Zélande. De quoi perdre son sens de l’orientation, je vous jure. Nous apprenons également qu’il y a l’un des pics montagneux du parc qui s’appelle « Saint-Exupéry » en l’honneur d’Antoine qui a passé une partie de sa vie en Patagonie. Nous passons la soirée chez Raoul et Sylvia où nous relaxons entre deux tranches beurrées au dulce de leche. Ça bourre le bide. Ciao une dernière fois Fitz!

Nous vous réécrirons de beaucoup plus loin la prochaine fois. Il n’y a pas d’autobus pour le nord à partir d’El Chaltén d’ici les 4 prochains jours. Nous tenterons de faire du pouce pour atteindre Bariloche, 1 400 kilomètres plus loin. Priez le cóndor avec nous por favor.

Bye bye mon cow-boy, bye bye mon rodéo.

Qué tenga un buen día,

– François

À VOIR : Album photo du parc national Los Glaciares


8 commentaires

  1. eric

    salut
    wouahh que de souvenirs dans ces coins la :))) et quand au dulce de leche,je m’en suis fait des cures en sandwich avec des bananes ahahahah yammmmmmmmyyyyyyyyyyy
    bizzzzzz a vous
    eric

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    • Salut Éric!

      Content d’avoir de tes nouvelles. Bon retour en Norvège, la belle saison s’amorce de ce côté aussi. En Argentine, on a commencé une petite écoeurantite du dulce de leche après avoir tenté la version liqueur alcoolisée! Pas mal trop sucrée! Ici au Vénézuéla, c’est plus compliqué qu’on avait imaginé. Chavez est un peu trop intense et il ne reste plus une tonne de touristes dans le coin. Nous revenons au Québec dans moins de 2 semaines. Il va falloir retrouver du boulot, etc. Sinon on ira faire la grève et tapper des casseroles pendant le Grand prix de F1 de Montréal. Nous allons acheter une maison en campagne près d’une rivière. Tu seras plus que bienvenu n’importe quand. On fera un grand feu de joie, un méchoui ou une épluchette de blé d’inde grandiose. Encore mieux, on mangera des bleuets comme désert! Hasta Luego.

      François et Karine

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  2. Louis

    Sweet encore la météo de votre côté! Fort impressionnant ce glacier, vous êtes bien chanceux! Dulce de leche… vous aimez? Pas si certain moi 🙂
    Lâche pas l’espagnol hermano!
    Buena suerte
    Luiz

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    • Merci de tes encouragements. Loug et Marie sont partis hier avec une bonne provision de dulce. Sinon on se sent un peu patate comme à la fin du temps des fêtes. Bien mangé, bu, etc. Et là, plus on lit sur Caracas et plus on trouve ça compliqué d’y arriver à la noirceur…. On va peut être tenté de rester à l’aéroport et attendre le matin avant de bouger. Loug me disait qu’André Brizard s’était fait voler. Il y aurait plein d’arnaques, même à l’aéroport…. Et en plus qu’ici à Buenos on a évité deux tentatives de vol… On était déterminé à aller à la Boca ce matin même si tout le monde nous le déconseillait. Et là, on vient de se la faire redoublement déconseiller surtout si on y allait par nous même un jour de pluie. Y en aura pas de facile. On va survivre, espérons!
      Buena semana

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  3. Bernard

    Toujours très impressionnant, même(surtout)pour moi, mais la, la photo du glacier avec des arbres en bas,, la, je suis dépaysé. Bonne route et a bientôt.
    Bernard

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    • Salut Bernard,
      J’espère que tu vas bien au large.
      C’est très flatteur d’avoir pu t’impressionner avec de la glace! J’ai écouté la plus récente série de BBC il y a quelques jours (frozen planet) et de t’imaginer dans ces contrées polaires nous fascine grandement. Que la houle soit de ton bord!
      Ciao
      François

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  4. Al

    !!! Wow !!!

    Watch out les alfarores, terrible snack!

    Bon pouce cowboys!

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    • Salut Al!
      J’espère que tu fêtes la reine comme un bon sujet. Oui les Alfaores ont comblés quelques trous dans les autobus mais pas autant que le boudin et les trippes farcies de la Parilla de Mendoza. Si tu veux faire plaisir à Loug pour ton prochain méchoui, j’y penserais sérieusement. En plus qu’il pourra sans doute te ramener des pièces de viandes variées de sa job à Québec. Mmmm

      Loug et Marie sont repartis. Nous on prend l’avion pour Caracas ce soir. Je t’avoue qu’on freakait à l’idée d’y arriver à la noirceur. Même que plus on lisait et plus on voulait jamais mettre les pieds dans cette foutue ville. Alors on a pris un vol domestique pour la ville de Maturin. C’est parti pour dormir deux soirs d’affilée dans les aéroports. Si tu as des hints pour le Venez, on te ramène de la Guacamole. Penses tu que le coq rôti livre jusque-là?

      Ciao.

      Rotch

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