Erevan

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Mis en ligne le01 Sep 2011 dans 04-Arménie

բարև! Beau Barev d’Arménie!

C’est sur un tapis volant dans une cage d’aluminium que nous nous sommes poussés de Moscou. Nous avons filé au-dessus du mont Elbrouz et des montagnes vertes géorgiennes pour finalement retontir dans un champ de paille desséché. Surprise! On aurait dit la savane africaine, le GPS du tapis s’était-il fourvoyé? Quand on a vu les Lada et les écriteaux avec ce nouvel alphabet, nous avons su que nous étions bien en Arménie.

Bye bye les blondies! Bienvenue les tronches plutôt arabiques du Caucase! Destination inédite, voire incongrue, beaucoup de gens se grattent la tête en se demandant qu’est-ce qu’on va bien foutre dans ce pays de rien.  Pourquoi pas, tant qu’à aller en Géorgie? L’Arménie est un petit pays du sud du Caucase entre la mer Noire et Caspienne qui accéda à son indépendance en 1991 lors de la chute du bloc soviétique. Depuis la levée du rideau de fer, elle réussit à garder de bonnes relations avec les Russes ainsi qu’avec les États-Unis et l’Iran, son voisin du sud. Il faut quand même le faire!


L’Arménie a été happée par la roue du temps à maintes reprises dans son histoire mouvementée. Nous revoilà donc du côté des opprimés. Ce petit territoire qui fut officiellement le premier état chrétien en l’an 301 a toujours été à la croisée des envahisseurs. Il a été marqué de façon majeure par le génocide de 1915-16 par la Turquie. Durant cette sombre période, les deux tiers des Arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été exterminés au cours des déportations et des massacres de grande ampleur. Au total, 1 200 000 Arméniens ont été abattus. Le gouvernement turc a toujours maintenu une position ferme de refus de la reconnaissance du génocide. En 1932, lors d’une convention, l’Arménie a perdu le territoire du mont Ararat, leur plus grand symbole nationaliste, au profit de la Turquie. La légende indique que ce serait sur cette magnifique montagne que se trouveraient les vestiges de l’arche de Noé. Encore aujourd’hui, quand nous les interrogeons, les Arméniens nous disent qu’Ararat leur appartient, bien qu’il ne soit plus chez eux. La frontière entre la Turquie et Arménie est toujours interdite de passage.

Erevan est une ville très ordinaire comparativement à Moscou. On y déniche par contre des super restaurants où nous dévorons de la nourriture succulente d’origine caucasienne, libanaise ou méditerranéenne. Nous faisons des rencontres d’un triumvirat composé de deux Allemands et d’un Italien en road trip qui nous amènent avec eux dans leur Volvo au monastère de Khor Virap.


Nous poursuivons aussi sur notre lancée de rencontres loufoques. À Moscou, nous avons eu beaucoup de plaisir avec deux frères Chiliens, très comiques, dont le plus jeune qui habite en Suède s’est carrément foutu de la gueule d’un jeune touriste chinois naïf qui arrivait dans l’hostel. Il s’est fait passer pour le gérant du lieu et a procédé à l’inscription du Chinois dans un faux registre en lui demandant son passeport et lui a donné toutes sortes de fausses informations sur Moscou alors qu’on pouffait sur les sofas. Il y avait aussi ce Hongrois avec la personnalité de Frankeinstein qui ne parlait presque pas, sinon très lentement, qui passait son temps à tousser ou à grogner et qui se levait pour fixer je-ne-sais-quoi au milieu de la nuit. En Arménie, nous avons fait la sporadique rencontre d’un Allemand archéologue passionné de l’âge de fer. Dans une foulée de bégaiements, il nous à raconté comment il avait trouvé une fosse de squelettes humains et de balles de Kalachnikov en Ouzbékistan, sans doute une exécution, une information qu’il n’a jamais dite aux autorités par peur de représailles, mais qui le déchire de dévoiler pour le respect des familles. Puis, cette jeune Arménienne, plutôt nouille et tout sourire, qui nous a demandé si tout le monde était gros au Canada parce que notre système de santé est « gratuit » et que personne ne faisait attention…  Montrez-leur donc que dans notre village de cabanes du Canada on est capable de se faire aller le bacon matantirelirelo!

Profitez de septembre, c’est pas rien!

– François, le Caucasien

À VOIR : Album photos d’Erevan


2 commentaires

  1. louis

    Intéressant tout ça! Dites-donc, je croyais qu’en Arménie on voyait des collines verdoyantes, serait-ce dans une autre saison? Et puis il à quoi de différent leur alphabet? Ah et aussi, mais que font ces gens pour gagner leur vie? De l’agriculture?
    Louis le kangourou

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    • Francois

      Salut Luis l’Aussie!

      Rapide sur la gachette 😉 Notre hostel en ce moment à Tbilisi est très miteux mais les proprios sont ultra sympas. C’est café, thé et VIN à volonté! Mais j’ai pas réussi à terminer ma première gorgée de “vin”, vraiment pas bon…

      Oui pour les collines vertes de l’Arménie, je sais que tu m’avais montré une pochette de CD, j’ai oublié le nom… il semble y avoir plus de vert dans le nord, on n’est pas allé ben ben car on allait en Géorgie mais ça avait l’air plus beau que le reste. Sinon, l’ensemble du pays en août est très sec et il ne pousse pas grand chose au-delà des petits oasis près des cours d’eau. Ça ressemble à l’Iran ou l’Azerbaïjan qu’on nous a dit. Leur alphabet c’est 38 caractères de formes un peu plus simple qu’en Géorgie où c’est aussi un autre alphabet. Heuresement, la plupart des noms de rues et au resto c’est écrit en alphabet latin. Pour leur économie, on s’est posé la même question! Ça serait l’agriculture, les petits services et quelques secteurs manufacturiers! A+ et bon séjour à Brisbane!

      Frank et Karine

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