Inde – 2007

DELHI

Depuis que je voyage, j’ai toujours cherché à connaître le fameux “choc culturel” tant proféré par certains voyages. Hé bien, en Inde, ça n’a pas pris de temps avant de l’être, en choc culturel. Disons que la culture occidentale n’a rien à voir avec la culture orientale indienne. Rajoutons d’ailleurs que la religion catholique, ou même l’athéisme, n’ont également rien à voir avec l’hindouisme, la principale religion de l’Inde. L’Inde est un pays tout à fait différent de ce que nous sommes habitués de côtoyer et oui, je crois qu’il est normal de rencontrer une forme de “choc culturel” en Inde.

Delhi. Premier soir et premier départ. Il fait chaud, c’est fou! En pleine nuit, la température doit avoisiner les 40°C! Nous nous sentons, François et moi, comme dans un four, prêts à être cuits à tout moment! C’est la course en rickshaw pour trouver un hôtel pas cher et la rencontre avec notre premier Indien qui veut sa part du gâteau. Jamais il ne nous emmènera dans le quartier peu dispendieux et plus “touristique”. Il nous faisait visiter des hôtels plus dispendieux en souhaitant se faire une cut. Et ce sera comme ça en Inde avec les chauffeurs de rickshaw pendant tout le voyage. Autant bien s’y faire tout de suite et négocier coûte que coûte! Les jours suivants, nous visitons Delhi et prenons lentement connaissance de la culture indienne avant de se lancer dans notre premier sleeper de nuit en train.

UDAIPUR

Udaipur, ville paisible et fort accueillante. Nous pouvons s’habituer à l’Inde, sa chaleur et sa culture lentement en passant quelques jours dans cette ville au décor féérique. Du toit de notre hôtel, nous avons une vue impressionnante sur toute la ville et les montagnes qui l’entourent. Du haut de notre perchoir, nous pouvons contempler le Jag Niwas, un palais d’été resplendissant construit sur un lac artificiel, le lac Pichola. De loin, nous admirons un temple sur un promontoire et noous irons le visiter pendant notre séjour dans cette ville.

JAISALMER

Traversons une partie du pays pour se retrouver dans un endroit inusité: une ville de sable! Jaisalmer est située près de la frontière pakistanaise et le fort de Jaisalmer qui permettait de surveiller le désert de Thar tout près! Vous croyez que coucher dans une chambre faite de terre sableuse nous permet d’avoir du frais lorsque dehors, il fait une chaleur incroyable? Détrompez-vous, ce n’est qu’un rêve! Si nous avions dormi dans cette chambre toute la nuit, c’est le coup de chaleur assuré qui serait arrivé! Le lendemain, ç’aurait été nos cadavres momifiés et déjà déshydratés qui auraient été retrouvés! Bref, pour éviter tous ces désagréments, nous avons préféré passer une belle nuit étoilée sur le toit de l’hôtel avec une pétarade de pétards d’une fête indienne quelconque. Le lendemain, nous sommes allés au fort et nous avons trouvé un guide pour une escapade dans le désert de Thar.

DÉSERT DE THAR

S’il faisait 40°C dans les terres indiennes, imaginez-vous dans le désert! Ce fut une grande épopée peut-être parsemée de mirages et d’hallucinations – nous ne nous en souvenons pas si c’est le cas -, mais nous avons survécu et surtout, bien aimé l’expérience. Notre guide, Jaimins,  était très sympathique et rigolo. Il se mettait debout sur le chameau pour nous donner un show. Oui, j’ai bien écrit ce que vous avez lu. Et ces deux braves bêtes s’appelaient Papaya et Fafaya. Père et fils. Le petit hurlait souvent et avait tendance à se sauver. Une fois, je l’ai aperçu à tenter de s’échapper dans le désert. Vous auriez dû voir le guide courir après! Ça prit au moins 2 heures avec qu’il revienne avec la bête fugitive. Autre question quiz. Vous croyez que dormir dans le désert est en quelque sorte un lit de mort, car acablant? Détrompez-vous encore, cette nuit aura été la plus fraîche passée en Inde. Nous avons couché à ras le sable avec une petite couverture et oui, nous avons eu un peu froid. C’était bien malgré la trouille de trouver un gentil ami scorpion sur la couverture (ce n’est heureusement pas arrivé) et de se réveiller avec du sable collé plein la face (pauvre François!). Conseil: n’essayez pas d’enlever du sable avec de l’eau, grosse erreur, ça colle! Époussetez plutôt, vos yeux et votre bouche se porteront beaucoup mieux!

JODHPUR

Ville bleue assez bruyante avec  le majestueux fort de Mehrangarh qui surplombe la ville du haut de ses 122 mètres. Nous y passons quelques jours et sommes hébergés par une famille sympathique qui tient l’hôtel. L’attrait principal de la ville est inévitablement le fort et le palais luxueux et bien décoré à l’intérieur de celui-ci.


AMRITSAR

Située au nord-ouest de l’Inde, Amritsar est une ville différente des autres visitées précédemment, car elle est une cité spirituelle et culturelle des Sikhs. Plusieurs musulmans y vivent également et nous rappellent que le Pakistan est tout près. Dans cette ville se trouve le Harmandir Sâbir ou si vous préférez, le temple d’Or. Nous avons donc passé une journée à visiter ce temple en or, d’une beauté inimaginable, et le lieu du massacre du temple d’Or, juste à côté, où plus de 400 personnes ont trouvé la mort en 1984 lors d’une fusillade entre les soldats du gouvernement indien de l’époque et des indépendantistes sikhs. Le temple d’Or est très populaire, des centaines et des centaines de personnes s’y étaient réunis en mpeme temps que nous pour manger autour du temple et effectuer prières et pèlerinage.

MCLOED GANJ

Véritable havre de paix, McLoed Ganj est une petite cité tibétaine près de Dharamshala, lieu d’exil du Dalaï-Lama. Nous sommes émerveillés et même soulagés, après des heures de bus interminables dans les montagnes silloneuses, d’arriver dans cet endroit calme et paisible basé à quelques 2 000 mètres d’altitude. Cette porte de l’Himalaya nous enchantera tous les jours que nous y passerons. C’est qu’en fait, nous y faisons la rencontre de la culture tibétaine et nous prenons le temps de respirer l’air frais, ce changeait le quotidien suffocant de la fournaise des terres indiennes à cette période de l’année. Nous prenons même le temps de se balader en montagnes pour garder un peu de forme! Après des journées à être végétariens comme les Indiens et à pratiquer peu de sports à part la marche, nous nous activons et remettons un peu de vivacité dans nos corps! Certes, avoir eu beaucoup de temps devant nous, nous aurions passé plus de jours dans ce paradis terrestre, mais l’aventure à l’appel, nous devions prendre nos clics et nos clacs et poursuivre la route indienne.

SHIMLA

Toujours dans l’Himalaya, notre prochaine destination nous conduit dans une belle ville, Shimla surnommée “reine des collines”, car à l’époque de la colonisation britannique, elle était très importante. Plus dispendieuse que McLoed Ganj – nous aurons du mal à trouver un hôtel abordable – Shimla est une ville tranquille. Nous y passerons peu de temps étant donné que le coût de la vie était plus élevé et qu’en fait, le décor ressemblait beaucoup à notre lieu de visite précédent.

RISHIKESH

Au pied de l’Himalaya, la ville de Rishikesh est un lieu saint hindou. Partout, il y a des sadhus qui prient sur le bord du Gange. Rishikesh, c’est également un lieu d’apprentissage du yoga et nous tenterons notre chance avec un maître yogi qui nous trouvera disons…peu flexibles? C’était bien d’essayer et vraiment, le temps passé dans ce lieu spirituel fut des plus reposants.

RAMNAGAR ET LE PARC JIM CORBETT

Ramnagar, ville d’entrée du parc de Jim Corbett. L’arrivée dans cette ville a été plutôt difficile pour nous deux, car nous avons été très malades. Il faut dire que rares sont les Occidentaux à ne pas être malades en Inde. Et même les Indiens le sont aussi, ils sont moins résistants dans les trajets d’autobus que nous…épargnons les détails. Pour ma part, j’aurai été alitée deux jours avant d’être capable de me rendre au parc de Jim Corbett. Mais je me mis rapidement sur pied et je partis à l’aventure pour découvrir ce parc et la diversité des animaux qui y habitent.

Le parc de Jim Corbett est le premier qui fut créé en Inde en 1936. Depuis quelques décennies, l’un de ses principaux objectifs est de protéger les tigres qui sont menacés dans ce pays. Ce vaste territoire abrite une variété incroyable d’animaux: 350 espèces de mammifères, 2 000 espèces et sous-espèces d’oiseaux, 500 espèces d’amphibiens, de reptiles, de poissons et une centaine d’espèces d’arbres. Nous avons passé deux jours dans ce site enchanteur et nous avons pu observer beaucoup d’animaux. Oui, je sais, les photos qui suivent ne montrent pas vraiment un grand éventail d’animaux, car la seule photo est celle des daims. Faut dire que ce sont eux les moins farouches et qu’avec notre petit Canon de l’époque, c’était plutôt difficile de faire de la photo de bestioles qui n’arrêtent pas de bouger. Mais bon, nous avons pu voir un fish crocrodile, des daims (bien sûr!), des singes, des sangliers, un cobra noir, des éléphants et non le moindre, le tigre! Bah, il était loin, mais avec les jumelles, c’était tout un spectacle! Oubliez les photos du tigre avec le petit Canon, je tenais quand même à ma vie, surtout au lendemain d’un désastre digestif.

VARANASI

Varanasi autrefois Bénarès. Située sur le bord du Gange, fleuve sacré pour les Hindous, cette ville est l’une des plus anciennes de l’Inde. Elle est dédié à Shiva, le dieu hindou de la création. C’est un endroit très fréquenté par les sadhus, hommes saints, et un lieu de rassemblement pour des milliers de pèlerins indiens qui viennent se ressourcer dans ce site sacré. Cette ville sainte est bien sûr très fréquentée par les voyageurs. En Inde, il y a beaucoup de voyageurs, mais nous les croisons rarement. C’est que la population indienne est si importante et dense, que les Occidentaux se fondent dans la masse indienne. En Inde, nous ne nous sommes jamais sentis enhavis par une horde de touristes, ce qui est fort agréable comparativement à d’autres pays et cela est parfait pour goûter véritablement à la culture indienne. À Varanasi, nous avons passé du bon temps à marcher dans les ruelles exiguës et à tenter de dépasser les vaches sacrées qui bloquaient le chemin à tout moment. Varanasi, c’est l’apogée d’un voyage en Inde, la concrétisation de tout ce que l’on peut avoir vu et appris dans ce pays. Mais l’Inde est un mystère et Varanasi encore plus. Nous découvrons encore et tentons de comprendre encore. Nous sommes curieux d’observer les soirées de rites hindous, assis à côté des familles entassées et des animaux errants qui assistent au spectacle. Sur le bord du Gange, nous pointons le bout du nez afin de voir les rituels de crémation des corps. Puis, nous faisons une balade en barque et observons tous ces habitants et ces pèlerins se baigner dans l’un des fleuves les plus pollués au monde pour y trouver réconfort et ressourcement. Tout est réellement dans la culture. Quoique pollué à première vue, le Gange n’a pas l’air si mal comme ça…

L’Inde. La culture. Le mystère. Les couleurs. Les odeurs. Les valeurs. Les vaches sacrées. La pollution. La différence. Le grand nombre. Et j’en passe. Trop de mots décrivent cette vaste étendue densément peuplée. L’Inde est autant détestée qu’idôlatrée. L’Inde est impitoyable, mais tendre à la fois. L’Inde, on la haït parfois pour sa différence, mais on veut y retourner pour son mystère et son authenticité. L’Inde n’est pas facile, mais elle peut l’être tout dépendamment de comment elle est vue, qu’elle est abordée. Je ne peux résumer mes sentiments envers l’Inde, ils sont réellement complexes. Les mots sont difficiles à trouver, car indescriptibles. Voyageurs voulant vivre changement de routine ou bouleversement intérieur profond, allez en Inde. Esprits déroutés ou peu ouverts s’abstenir. L’Inde est forte et il faut être bien disposés, ou très zens, pour bien profiter de l’Inde, car réellement, ce n’est pas toujours facile. Voilà.

– Karine

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