Indonésie – 2005

MEDAN, ÎLE DE SUMATRA

C’est par un court retour en Thaïlande – pour se reposer de l’année dans un endroit connu – et en Malaisie que débute notre périple asiatique en 2005. De l’île de Penang en Malaisie, nous prenons un bateau qui nous amène à Medan, la troisième plus importante ville de l’Indonésie. Nous ne resterons pas très longtemps dans ce coin de Sumatra, mais assez longtemps pour entendre rugie à différents moments de la journée la grande mosquée de Medan. Soit disant, elle est tout à fait splendide et impressionnante. Et le son qui retentit de cet énorme bâtiment nous fait vite comprendre sa notorité. Même si elle nous réveille de plein fouet en pleine nuit, nous la respectons.

BUKIT LAWANG, ÎLE DE SUMATRA

Avant de débuter le récit du périple indonésien, il faut se mettre en contexte. Nous sommes exactement 4 mois après l’énorme tsunami qui avait détruit une grande partie de l’île de Sumatra en 2004. Il s’avérait donc difficile de faire fi de ses évènements tragiques et nous n’étions pas vraiment parés pour se mettre les pieds dans l’aide huamanitaire internationale dans une région politiquement trouble. Bref, notre séjour sur Sumatra était litigieux et nous ne savions pas trop ce que nous allions réellement faire.

Nous arrivons donc dans le minuscule village de Bukit Lawang, situé tout près du centre de réhabilitation des ourang-outan. Il y avait très peu de touristes et d’habitants. Évidemment, le tsunami avait conséquemment fait baisser le tourisme. De plus, les gens de la place nous ont informé que l’année dernière, le barrage de la rivière avait cédé, ce qui avait entraîné la mort de plusieurs personnes. Rien pour augmenter la visite d’étrangers à Bukit Lawang, bref.

Nous ressentions beaucoup de désespoir dans les yeux des gens qui nous suppliaient d’acheter les souvenirs, de venir dans leur restaurant, etc. Les enfants nous harcelaient pour obtenir des sous parfois. C’était triste, nous ne pouvions encourager tout le monde.

Nous avons pris un guide local pour aller visiter les ourang-outan et camper une nuit dans la forêt, mais le guide avait apporté seulement un ananas pour 2 jours de marche! Pas d’eau et nous étions dans la jungle! Finalement, nous avons revu le plan initial et demandé de faire une journée, c’était suffisant pour nous avec qu’un gros fruit acide dans le corps. Au moins, nous avons pu observer plein d’ourang-outan qui, excessivement curieux, venaient à nous rapidement. Il aggripaient les branches les unes après les autres à une vitesse incroyable! Nous avons été chanceux, une maman et son petit nous a approchés pour être nourris. La mère était géante: lui donner une banane donnait quasiment la chair de poule. Mais l’expérience était intriguante et certainement très intéressante.

ULUWATU, ÎLE DE BALI

À partir de Singapour, nous avons pris Air Asia, vol à bas prix, pour nous rendre sur l’île de Bali où nous avons passé un certain temps à tenter notre chance en surf. Ensuite, nous avons loué une moto pour explorer quelques coins de Bali dont le temple d’Uluwatu, situé au sud de l’île. C’est un site enchanteur avec de hautes parois rocheuses et des vagues excessivement grosses. L’endroit sera l’un des meilleurs au monde pour surfer. Nous verrons quelques surfers exécuter d’impressionnantes prouesses. Puis, nous visiterons le temple hindouiste d’Uluwatu où habite une colonie de singes assez curieux.


VOLCAN BROMO, ÎLE DE JAVA

C’est maintenant sur l’île de Java que nous mettons l’ancre. Nous nous rendons dans la ville de Probolinggo, situé dans l’est, pour négocier un séjour de 3 jours avec visite des volcans Bromo et Kawah Ijen. Le lendemain, nous partons en minibus vers le parc national de Bromo-Tengger-Semeru. Le paysage que nous voyions est resplendissant. Il y a un énorme cratère, éteint depuis des lustres, dans lequel une panoplie de plus petits volcans dont certains sont encore actifs tels le Bromo. Celui-ci culmine à quelques 2 300 mètres et fait 200 mètres de profondeur. Il fume en permanence donc impossible de se rendre dans le fond du cratère. Toutefois, c’est possible de marcher le contour du cratère pour observer sous tous ses angles. C’est ce que nous ferons un bon matin. L’autre, nous nous rendrons à un point de vue òù il était possible d’avoir une vision panoramique complètement spectaculaire sur l’ensemble des volcans.

VOLCAN KAWAH IJEN, ÎLE DE JAVA

Nous terminons notre route de 3 jours en grimpant le volcan Kawah Ijen, une autre merveille presque unique sur Terre. Son nom signifie en javanais le cratère vert, ce qui en dit long sur le volcan. Vert, car le lac est l’un des plus sulfuriques du monde. Le Kawah Ijen est situé tout près du volcan Merapi qui a fait une éruption importante en 2010. Le volcan Kawah Ijen est complètement fabuleux avec ses tons de vert (le cratère) et de jaune (le soufre). Sur notre route, nous croisons plusieurs porteurs de soufre qui nous quémandent un peu n’importe quoi. Nous savions qu’il était préférable d’apporter quelques petits objets pratiques afin de leur donner, alors nous leur avons donné un t-shirt, des pommes, des biscuits, etc. Les porteurs ne sont pas des itinérants, mais bel et bien d’honnêtes travailleurs qui bossent à la suer de leur front. Les grandes compagnies leur donnent un misérable salaire en échange d’un travail de dur labeur. Les vapeurs sulfuriques sont impitoyables: leur espèrance de vie est, en l’occurrence, très courte. C’est triste de les voir transporter des charges tellement lourdes qui déchirent leur t-shirt et transpercent leur peau. Louis-Philippe et un Français rencontré ont bien tenté de soulever à deux un panier rempli de soufre que transportent les porteurs dans leur panier de bois, mais ils ont été à peine capables de le faire. Nous sommes allés dans le cratère près du lac sulfurique. Louis-Philippe a pu s’y rendre en mettant un foulard sur sa bouche et a pu attrapper du soufre à l’état liquide avec les porteurs qui allaient en récupérer. Tant qu’à moi, à mi-chemin vers le fond du cratère, j’ai été prise d’étourdissements dus aux vapeurs sulfuriques et j’ai préféré m’arrêter pour observer le lac de loin plutôt que de me retrouver évanouie. L’odeur était intensément désagréable et il fallait mettre un foulard pour se protéger des émanations toxiques. Tout compte fait, malgré mon petit désagrément physique, j’ai adoré le Kwah Ijen et sa beauté même si le paysage peut sembler hostile. Voir les porteurs de soufre est une expérience qui fait énormément réfléchir.

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