Tibet – 2007

FRIENDSHIP HIGHWAY

Une vraie aventure se poursuit après le Népal! Pour traverser la frontière Népal-Tibet, il fallait absolument prendre un tour avec une agence. Nous avons arpenté toutes les rues pour trouver des bus et demander de l’information sur la possibilité de traverser la frontière par nous-mêmes, mais peine perdue, rien à faire, nada, le projet est à l’eau, nous devons nous rendre à l’évidence. Hé oui, nous avons payé une somme bien ronde pour effectuer ce trajet qui devait avoir lieu en Jeep, mais une fois arrivés à la frontière, ha! ha!, un vieux bus tout défait nous attendaient et tous les touristes arrivant du Népal devaient monter dans ce foutu bus. Et le trajet le plus long, c’était de la frontière du Népal à Lhasa, capitale du Tibet. Quand je dis long, je dis très long, la Friendship Highway prend plusieurs jours à être parcourue. La Friendship Highway, oui, tu es mieux d’etre amis avec ceux qui prennent le bus avec toi pendant tous ces jours entassés en sardines sinon ça va mal! Malgré le tracas du bus-supposé-être-un-jeep, nous avons passé du bon temps sur cette route. Les paysages étaient à couper le souffle et il n’y avait pas beaucoup de civilisation, c’était rare que nous croisions un humain! Nous  nous sentions comme sur une autre planète! Il ne faisait pas très chaud étant donné que le plateau tibétain se situe à plus de 4 000 mètres et la nuit, les couvertures en laine étaient très en demande! Nous vivrons toutes sortes de péripéties avec ce vieux bus en décrépitude. Par exemple, nous avons dû pousser le bus, pris dans le sable, en gang pour poursuivre le chemin et qu’il n’y avait, encore une fois, aucune trace de vie à l’horizon! Oubliez les remorques, dans vos rêves! Une chance que cette journée-là, nous avons réussi, car la route aurait vraiment pu être longue, très longue, encore plus longue…déjà que nous n’étions pas en jeep (je l’ai vraiment sur le coeur!) et que les routes étaient cahoteuses, sablonneuses, poussièreuses, hors piste et surtout pas en asphalte! Alors, c’est après toute une aventure d’enchantement des paysages et de mots pas toujours catholiques vociférés contre le bus que nous arrivons, sains et saufs, à Lhasa.

Hé voilà le fameux pout-pout qui nous servait de bus pendant une semaine. Il a vaincu toutes les conditions climatiques ou presque. C’est pas si mal pour un vulgaire pout-pout.

Tout au long de la Friendship Highway en terre, nous avons pu rencontrer les Tibétains, passer un peu de temps dans certains villages pour y dormir, y manger, s’y balader, etc. Nous avons même pu visiter les quelques temples restants (les seuls ayant échappé à la destruction chinoise) et goûter au bouddhisme tibétain qui est assez différent du bouddhisme de l’Asie du Sud-Est. En voici quelques uns.

L’épisode du bus pris dans le sable que nous devons pousser.

Malgré les tracas engendrés par l’histoire du bus et par la trahison de l’agence népalaise, le Tibet nous fait rapidement tout oublier. Cette contrée lointaine, assiégée par les Chinois en 1949 et 1950 et gérée par ces derniers depuis ce temps, reste tout de même authentique dans les campagnes ou plutôt les terres merveilleuses, mais hostiles à la fois. Les couleurs des paysages tibétains sont époustouflants: le bleu du ciel, le blanc des sommets enneigés, le brun de la terre et parfois, le vert du gazon ou le turquoise des rivières. Même si au Tibet, la température n’est pas très chaude, nous  nous sentons dans un endroit paradisiaque, loin de la civilisation humaine et de la pollution. Les Tibétains sont fort hospitaliers de nature et sortent tout droit d’une époque du 18e siècle. Ils ont de ces habits poussièreux et des vêtements sobres avec des accessoires colorés. La vie de ces derniers ne semblent pas faciles: leurs joues rougies par le froid en témoignent. En revanche, leurs sourires béants montent du bonheur et simplicité de vivre. Le Tibet nous déconnecte, il nous interpelle par sa grande beauté et sa richesse culturelle. Bon, assez de poésie, passons à la grande ville tibétaine, Lhassa.


LHASSA

Lhasa est une très belle ville nichée dans les montagnes, mais de moins de moins habitée par les Tibétains. Au cours des dernières décennies, les conquérants chinois sont venus s’installer progressivement et la plupart des quartiers de Lhasa sont davantage à saveur chinoise que tibétaine. Toutefois, le quartier tibétain, où se trouve le temple de Jokhang inscrit au patrimoine mondiale de l’Unesco, est vivant et bien habité par les Tibétains. Ce quartier est également celui des touristes. Dans ce petit coin de la ville, nous pouvons visiter le temple, aller au marché tibétain, bref, vivre la culture tibétaine un peu! Mais, il suffit de sortir du quartier pour rapidement tomber sur la réalité chinoise qui est toute autre. C’est parfois dur et triste de se promener dans les rues modernes des quartiers chinois et de croiser plusieurs Tibétains qui quémandent et s’accrochent à nos vêtements pour nous supplier de leur donner quelques sous. C’est désolant d’être confrontés à leur réalité en sachant qu’ils sont sur leur propre territoire et qu’avant toute cette modernité imposée, les Tibétains vivaient simplement et n’avaient pas vraiment besoin des valeurs occidentales et chinoises pour être très heureux.

Le Potala Palace est le plus important temple bouddhiste depuis des siècles. Depuis sa construction par le cinquième dalaï-lama au 17e siècle jusqu’au quatorzième dalaï-lama – qui est présentement en fuite à travers le monde depuis 1959 -, les différents chefs spirituels l’ont tous habité. La dépouille de certains d’entre eux est également dans un cercueil, recouvert d’or, à l’intérieur de cet immense palais. Ce palace comprend un palais blanc et un palais rouge et incarne ainsi l’union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel et leur rôle respectif dans l’administration du Tibet à l’époque. Heureusement, cet énorme édifice de treize étages a été épargné par la destruction massive des temples par les Chinois. Ce palace est véritablement un joyau de la culture tibétaine et il est très impressionnant à visiter. Finalement, malgré la triste réalité tibétaine très perceptible à Lhassa, nous avons adoré cette ville calme.

LAC NAMTSO

Au Tibet, il n’y pas moyen d’explorer librement, en-tout-cas, pas lors de notre passage. Pourtant, nous avons bien essayé et nous avons même pensé sérieusement à se sauver du bus en plein milieu des pleines tibétaines. En fait, ce qui est irritant, c’est qu’il faut toujours demander un permis pour circuler sur ce haut plateau et plusieurs postes de garde chinois sont ça et là sur la route et nous demandent régulièrement nos papiers. C’est très agaçant et cela nous amène encore à réfléchir sur le sort tibétain et parfois, de le comparer à notre histoire, nous, les Québécois. Par contre, je constate très rapidement que les Tibétains vivent une politique d’assimilation imposante comparativment à nous. Dans les écoles, les Tibétains doivent parler le mandarin et étant donné le niveau de “démocratie” en Chine, vous comprenez assez vite qu’ils n’ont pas trop le choix. Il faut également se rappeler des situations embêtantes auxquelles le gouvernement chinois a dû faire face dans le temps des jeux de Pékin. Encore une fois, ces évènements donnent une bonne image de ce que vivent les Tibétains sur leurs propres terres ancestrales. Après la poésie, c’est l’histoire! Passons aux beautés surnaturelles du Tibet maintenant!

Le lac Namsto est l’un des plus hauts lacs au monde et de plus, il est salé. Certains le considèrent comme le plus haut lac du monde puisque les lacs plus hauts sont en fait de très petits lacs. Le lac Namsto est quant à lui très majestueux, vous le constaterez rapiement sur les photos. Comme plusieurs beaux lacs tibétains, il est considéré comme sacré par la population et chaque année, plusieurs pèlerins s’y rendent pour marcher le contour du lac. Au Tibet, les pèlerinages autour de certains grands lacs sacrés sont très ancrés dans la culture locale. Au lac Namsto, nous étions sous le charme et très excités de contempler une si belle merveille naturelle. Le matin, nous nous levions très tôt pour grimper la colline qui suplombe le lac afin de le voir sous toutes ses couleurs. En plus, il y avait un miniature temple (l’équivalent d’une mini chapelle pour nous) sur le dessus de la colline et nous avons eu la chance de voir un moine prier. C’était très spécial. En admirant les photos de ce lac, je suis convaincue que je n’aurai pas besoin de vous convaincre de vous y rendre. Vraiment, ça vaut le coup!

Lorsque nous nous promenions autour du lac, nous avons rencontré plusieurs familles tibétaines nomades éparses. C’était une expérience incroyable, car il n’y avait rien de planifié ni de touristique. Le chauffeur de notre petit bus nous avait faisait descendre où nous voulions. Pas de trouble. Parfait pour l’exploration improvisée.

Vous ne pouvez pas vous empêcher de succomber, hein?

En faisant abstraction de la ville de Lhassa, je peux vraiment dire que je me sentais au 18e siècle au Tibet et c’était incroyable comme expérience! L’essence même du Tibet nous fait rappeler rapidement que nous sommes en vie, que la vie est simple et que tout ce que nous avons de superflu en Occident nous cause peut-être plus de soucis parfois que de contentement. Les Tibétains n’ont jamais demandé l’invasion chinoise et encore moins l’arrivée du monde moderne. Encore aujourd’hui, je vois ces Tibétains extrêmement forts autant physiquement que psychologiquement. Pour s’adapter à une terre si hostile, mais fort belle, il faut avoir plus d’un tour dans son sac. Ces humains si débrouillards me font penser à nos Autochtones d’autrefois. Et je leur souhaite un sort fort plus heureux que ceux de notre propre pays. Mais leur avenir reste incertain et cela est réellement préoccupant. Somme toute, les Tibétains auront été toujours très hospitaliers et très mystérieux. Nous conservons d’excellents souvenirs de notre passage dans ce coin du monde.

– Karine

1 commentaires

  1. sophie

    Bonjour a vous deux !
    ah je veux bien allez au tobet mais je commence a trouver ca compliquer et difficiel de triuver de lonfo claire pour y entrer donc je vous utilise comme reference,loll. lorsque vous parler de somme rondelette pour passer du nepal au tibet par le friendship highway est ce possible de savoir de quel genre somme nous parlons, vous partiez de kathmandu?

    merci pour linfo et de nous faire vivre votre aventure

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