Bilan – Éthiopie

Informations générales

Dates du séjour en Éthiopie: du 23 novembre 2011 au 30 décembre 2011

La République fédérale démocratique de l’Éthiopie, soit l’Éthiopie, est un grand pays de l’Afrique de l’Est et le seul de cette région à ne pas avoir accès à la mer. L’Éthiopie a plusieurs pays comme voisins tels que la Somalie, l’Érythrée, le Kenya, le Soudan, le Soudan du Sud et la République du Djibouti. Les climats et les reliefs de ce pays sont très diversifiés. Il y a six différents climats et les reliefs partent de – 120 mètre dans la dépression de Danakil jusqu’à un peu plus de 4 500 mètres dans les hauts plateaux éthiopiens. L’Éthiopie est également considée comme le berceau de l’humanité puisque Lucy a été trouvé à l’est du pays. Par ailleurs, l’Éthiopie est la deuxième plus vieille nation chrétienne du monde. C’est d’ailleurs l’un des seuls pays d’Afrique à ne jamais avoir été colonisé. L’Éthiopie possède six langues principales : amharique (32,75 %), oromo (31,6 %), tigrinya (6,1 %), somali (6,0 %), guaragigna (3,5 %) et sidama (3,5 %), mais de nombreuses autres langues sont aussi parlées à travers le pays. L’amharique est la langue officielle du pays. Il existe plusieurs peuples en Éthiopie: Habesha, Oromo, Tigré, etc. Environ 43 % de a population éthiopienne est chrétienne orthodoxe et environ 18 % est protestante. Il y aurait environ 33 % de musulmans en Éthiopie. Bien sûr, il y a un minorité de chrétiens catholiques et de juifs. Dans certaines régions, l’animisme est très présent. La monnaie de ce pays est le Birr (ETB).

 Le birr

Coups de cœur :

- La dépression de Danakil : les couleurs flamboyantes du sulfure et le désert de sel.

- Les monts Siemen : ses paysages époustouflants et les singes endémiques qui y vivent, les Geladas.

- La grande variété d’oiseaux. Ils sont magnifiques en plus!

- La vaste nature sauvage, au climat nordique et alpin, du haut plateau de Sanetti dans les montagnes de Bale.

Coups de gueule :

- Le sentiment d’impuissance par rapport à la maladie, à la grande pauvreté et à la misère.

- La discrimination flagrante entre les Blancs et les Éthiopiens. Difficile de toujours rester indifférents et de ne pas ressentir une frustration (que nous refoulons souvent par politesse).

- La mendicité nous vise quotidiennement et c’est étouffant à la longue.

- Certains autobus sont en état lamentable.

Nos impressions

Les gens :

- Les Éthiopiens sont, pour la plupart, petits et très minces.

- Les couleurs de peau sont très variées en Éthiopie. Certains ont la peau très noire et d’autres ont la peau basanée (vers le ton caramel).

- La plupart des Éthiopiens ont de grands yeux et de petits traits (nez et visages fins).

- La grande majorité des Éthiopiens ont été très gentils avec nous.

- Le comportement de la majorité des gens n’est pas du tout agressif : ni dans leur voix ou dans leurs gestes. Ils sont plutôt pacifiques et calmes.

- Les Éthiopiens sont des gens assez amicaux.  Lorsqu’ils se rencontrent, ils se serrent la main tout en faisant une accolade avec leur épaule droite. Les hommes autant que les femmes font ce geste.

- Certaines villes sont plus chrétiennes et d’autres, musulmanes. Dans plusieurs villes, les chrétiens vivent avec les musulmans et il ne semble pas y avoir de problème.

- Certains Éthiopiens se fouillent dans le nez et la plupart du temps, ce sont les hommes. Ils le font toujours avec a main droite, car la main gauche sert à s’essuyer aux toilettes!

- Plusieurs Éthiopiens ne semblent pas apprécier le soleil dans les autobus de même que les courants d’air causés par une fenêtre ouverte. Alors, même s’il fait plus de 25°C à l’extérieur et que l’autobus ne possède pas de ventilateur.

- Ils sont fiers de leur pays et en l’occurrence, des couleurs liées à celui-ci et à l’Afrique en général (jaune, rouge, vert). Ces couleurs sont souvent présentes sur leurs vêtements et les autobus (collants, drapeaux accrochés au rétroviseur, etc.)

- Les Éthiopiens aiment beaucoup manger les feuilles d’une plante nommée khat. Celle-ci est en fait un stimulant parfois très efficace s’ils en mangent beaucoup. Et oui, nous en avons vu quelques uns en manger tout un après-midi et disons qu’ils jasaient plus fort après et qu’ils avaient quelques tics nerveux. Beaucoup d’hommes en consomment beaucoup et régulièrement.

La nourriture :

- Dans l’ensemble, la nourriture éthiopienne est bonne. L’injera, un pain fait à partir de la farine de tef, est présent dans la grande majorité des repas.

- Le fasting food est un repas traditionnel qui évidemment, se prépare rapidement. Dans une assiette, un injera est dépassé. Ensuite, plusieurs grosses cuillérées d’aliments différents sont déposés dessus : beans, lentilles épicées, épinards, pommes de terre, légumes, salade, etc. Le choix des ingrédients dépend du restaurant! Il ne faut pas oublier que le plat se mange avec la main droite seulement. Manger avec la main gauche est une offense, car elle sert à une autre occupation aux toilettes…

- Il n’existe pas de dessert-maison en Éthiopie mis à part les biscuits et les barres de chocolat commerciales. Quelques cafés proposent des « gâteaux » qui sont davantage des muffins sans goût particulier.

- Le café éthiopien est excellent. À plusieurs endroits, le café est grillé sur place sur de la braise. Nous pouvons sentir les grains une fois grillés et dire si l’odeur nous convient ou non. Ensuite, la cafetière mijote sur cette même braise et le café est prêt peu de temps après.

- En Éthiopie, il y a aussi le café macciato fait à partir de lait et de café (parfois avec un peu de sucre ou de chocolat liquide ou en poudre). Le dessus du café est brûlé, un vrai délice!

- Les Éthiopiens mangent beaucoup de pâtes aux tomates. Il est possible d’en trouver presque partout et ces repas sont en général assez bons.

- Les fruits et les légumes sont peu variés dans les régions plus sèches : tomates, oignons, piments forts, oranges, bananes. D’autres régions offrent un peu plus de diversité en ayant des avocats, des mangues, de la papaye et parfois, des ananas.

Les moyens de transport :

- En Éthiopie, il y a un bon réseau de transport en commun constitué de gros autobus publics et de petites minivans privées. La plupart des touristes voyagent toutefois en circuits organisés ou en Jeep avec des chauffeurs privés.

- La plupart es gros bus publics partent très tôt le matin, soit entre 5 h et 7 h du matin. Mais, pour se faire, le bus doit être complètement rempli, sinon il ne part pas ou il faut changer d’autobus.

- Les minivans privées circulent régulièrement au cours de la journée. Elles sont plus rapides que les gros autobus, mais un peu plus coûteuses. Les rabatteurs ont tendance à les bonder même s’ils risquent de payer une contravention pour un trop de passagers. Ils récidivent souvent même s’ils se font prendre. Parfois, lorsqu’ils apprennent qu’il y a un contrôle routier effectué par la police tout près (nous n’avons jamais compris comment ils faisaient pour le savoir), ils font sortir les derniers passagers et les laissent sur le bord de la route.

- Heureusement, ou malheureusement, les Chinois sont très présents pour la business, alors ils font construire des routes ou les font asphalter. Par conséquent, les routes éthiopiennes se portent de mieux en mieux et elles sont, étonnamment, assez belles et efficaces…sauf la longue route entre Débark et Shiré dans le nord qui semble avoir été minée et qui est en perpétuelle construction.

La communication (langue) :

- La principale langue parlée en Éthiopie est l’amharique qui possède son propre alphabet et une écriture unique en son genre. Pour l’écriture et la lecture de l’amharique, les Éthiopiens doivent mémoriser 238 signes.

- En Éthiopie, il y a quatre familles linguistiques: la branche sémitique, la branche couchitique, la branche omotique et la branche nilotique. Plusieurs autres langues et dialectes locaux sont parlés comme le tigrinya dans le nord de l’Éthiopie et l’oromifa dans la région des montagnes de Bale au sud du pays.

Le logement :

- Dans les parcs nationaux, il est possible de faire du camping et ce n’est pas très dispendieux.

- Plusieurs hôtels acceptent le camping dans leur jardin. Ce n’est pas très coûteux, mais certains hôtels exigent plus que d’autres.

- En général, le prix des chambres est bon marché. Certaines sont assez propres et d’autres laissent à désirer. Souvent, la propreté va avec le prix payé évidemment.

- Plusieurs hôtels ont des prix pour « Farenjis » (Blancs et riches), alors il faut néégocier, payer ou carrément aller voir ailleurs. C’est assez habituel de ne pas payé le prix des gens locaux et ce phénomène est souvent valable pour les restaurants et les minivans privées. Nous avons toutefois observé que le prix des autobus locaux semblent le même pour les étrangers que pour les Éthiopiens.

L’habillement:

- Les hommes portent toujours des pantalons et les femmes, de longues jupes colorées. Dans les villes plus aisées (Axoum, Mékéle Addis Abeba), les jeunes portent souvent des jeans et les filles, des jeans serrés comme dans plusieurs autres pays. C’est une mode plus mondialisée qui est présente.

- Les gens en campagne ont évidement de vieux vêtements sales ou déchirés. Quand il fait froid, ils revêtissent un gros drap de coton qui est souvent blanc ou beige.

- Les chrétiens ont souvent une croix orthodoxe dans le cou.

- Lorsqu’il fait froid, les femmes portent généralement un foulard coloré en genre de hijab (qui sert en fait davantage de bonnet).


Les contrastes culturels

- Le mode de vie africain est très relax et contraste énormément avec celui de la rapidité liée aux sociétés occidentales.

- Beaucoup d’Éthiopiens manquent de nuance à propos de la richesse des Blancs qu’ils appellent « Farenjis ».

- Il y a énormément de contrôles routiers effectués par les policiers en Éthiopie qui demandent aux passagers de leur présenter leur carte d’identité ou qui vérifient le nombre de passagers afin que les autobus ne soient pas bondés. Advenant le cas que les bus aient un surnombre de passagers, le chauffeur reçoit une contravention.

- La mendicité est très présente en Éthiopie et nous sommes la cible parfaite pour les quêteux. Ceux-ci s’attroupent autour de nous et nous font de nous de signes de leur donner de la nourriture ou de l’argent. Ils attendent patiemment en nous fixant et en nous interpellant en murmurant sans cesse : « money, money », « you, you », « food », « pen, pen ». Et ils ne démordent pas! D’autres, moins timides, nous apostrophent en parlant plus fort pour dire les mêmes mots. Nous essayons d’être patients, mais à la longue, ça devient harassant! C’est aussi désolant pour nous d’être perçus comme des milliardaires. Malheureusement, nous ne pouvons pas aider tout le monde financièrement et à se nourrir…

Budget

L’Éthiopie est ouverte aux touristes depuis environ une dizaine d’années. Même s’il y a encore très peu de touristes, les prix subissent beaucoup d’inflation et ce, principalement pour les touristes. Rapidement, nous avons constaté que les prix du guide Lonely Planet de 2006 étaient de 5 à 10 fois plus bas que ceux qui nous sont demandés en 2011. Même les prix du guide Le Petit Futé de 2010 n’étaient plus toujours valides…

Une chambre : 4 $ à 13 $ CAN selon la propreté et l’achalandage de l’hôtel.

Un repas : 1 à 2 $ CAN dans un restaurant local et +/- 5 $ CAN pour un repas occidental

Visa : 30 $ US. Nécessaire et disponible à l’arrivée du pays. Visa sous forme de collant et valide pour 3 mois.

Budget quotidien : 33 $ CAN par jour par personne

* Il faut noter que l’activité assez coûteuse de la dépression de Danakil a élevé le budget quotidien. Excluant cette actitivé, le budget quotidien aurait été de 23 $ CAN par jour par personne. Nous avons souvent mangé dans de bons restaurants, alors quelqu’un qui mange toujours local pourrait s’en sortir à moins de 20 $ CAN par jour.

Décompte camping

13 nuits de camping

Nous avons campé dans le jardin de l’hôtel Gihon au lac Tana (3 nuits à 100 Birr la nuit), dans la petite cour de béton de l’hôtel Asheton à Lalibela (1 nuit à 150 Birr) et dans la cour-arrière de l’hôtel Terara à Gonder (1 nuit à 40 Birr). En trek, nous avons dormi aux campements Geech et Chenek dans les monts Siemens (3 nuits à 20 Birr la tente) et aux campements Sodota, Kayrensa, Rafu et Garba Guracha dans les montagnes de Bale (4 nuits en tout à 40 Birr la tente). Finalement, nous avons dormi en tente au principal campement de la dépression de Danakil (1 nuit).

Bilan de notre voyage en Éthiopie

Tout d’abord, l’Afrique nous a vraiment surpris avec ses grands contrastes et que dire de l’Éthiopie! Chaque jour, nous apprenons des petites particularités de ce grand pays aux milles richesses. Non, l’Éthiopie est loin d’être le pays le plus riche sur la Terre, mais il est aussi très loin d’être le plus pauvre sur le plan des cultures, des traditions, des paysages, etc. L’Éthiopie que nous avons rencontrée ici ne correspond pas du tout à l’image d’une terre pauvre et aride où règnent les famines comme les médias l’avaient démontré dans les années 1980. Une grande partie du pays est verte de champs agricoles! La majorité des Éthiopiens travaillent dans leur ferme rudimentaire pour subsister. La nourriture traditionnelle du pays est également très surprenante. Tous les gens du pays partagent la grosse assiette de pain injera garni de divers bons accompagnements et fait à partie de la farine du tef qui pousse principalement en Éthiopie. Même si l’Éthiopie ne possède pas vraiment des gros animaux typiques de l’Afrique, elle offre tout une même une diversité d’oiseaux intéressante et plusieurs espèces d’animaux endémiques des hauts plateaux. L’Éthiopie, ce toit de l’Afrique, nous a complètement enchantés, et parfois désemparés avec toute sa pauvreté, mais l’expérience a valu le coup et nous sommes très heureux d’avoir visité ce merveilleux pays.

Commenter