Mont Émei

6 commentaires
Tags: ,
Mis en ligne le26 Juil 2011 dans 01-Chine

Hé! Oh! De l’écho des montagnes sichuanaises!

Poursuivons dans la voie du sacré. Notre contemplation du Bouddha de Leshan s’est terminée par la prise d’une vanette avec une famille tibétaine vers le Mont Émei – ou Emei Shan en mandarin – Cette rencontre fortuite nous a rappelé d’agréables souvenirs de notre séjour sur le vaste plateau tibétain en 2007. Nos méninges nous aidèrent à baragouiner un “Tashi dailai” (bonjour en tibétain) qui a rendu la famille, de la petite fille à la grand-mère, encore plus conviviale malgré notre incapacité à se communiquer verbalement! Les Tibétains ont même pris François en photo qui fait toujours aussi fureur avec sa grosse barbe de bois québécoise!

Le mont Émei est une montagne sacrée en Chine et son sommet atteint les quelques 3 100 mètres. Il est gravi par nombre de pèlerins bouddhistes qui s’arrêtent prier dans les différents temples sur le bord du sentier. Évidemment, nous ne voulions pas manquer cette ascension.

Nous sommes donc arrivés à la base du mont Émei vers 18h. Un peu tardifs pour débuter la grimpe, mais il fallait se motiver un peu puisqu’on nous avait dit que la montée était ardue. En plus, un guide touristique chinois, croisé dans la rue, nous a expliqué qu’il serait préférable de dormir dans un hôtel, au lieu d’en tente, car il y avait des singes, que la nuit était froide et que ce n’était pas très confortable comparativement à un hôtel. Et moi de répondre: “We are Canadian”. Me semble que ça voulait tout dire, non? Et puis bon, partons, la forêt est belle et nous appelle.

Chargés de nos gros sacs à dos, nous avons entrepris de monter la série de marches sans fin – c’est comme ça que je les ai baptisées, car le mont Émei se monte que par des séries de marches interminables jusqu’au sommet. – Lors de cette première journée, nous avons marché environ 3 heures jusqu’à la nuit tombante et nous avons atteint notre premier but à la lueur de la lampe frontale, le temple Hongchunping. Gesticules et dessins auront été nécessaires pour faire comprendre au gardien du parc que nous voulions camper. Il a trouvé l’idée spéciale et une Chinoise nous a parlé de serpents et d’insectes…Coûte que coûte, nous avons installé notre tente sur un palier de pierres avec une dizaine de spectateurs chinois dont un aide au montage. La scène faisait sourire. Les Chinois devant l’inconnu. Les bizarroïdes de Blancs, chargés en mulet, montant une toile rudimentaire pour y passer la nuit. C’était en quelque sorte la rencontre entre deux cultures dans un simple geste, quoi!

Finalement, la nuit aura été douce et très paisible. Mais, à l’aube, ce ne sont pas des singes, des serpents, des insectes ou des Yétis qui nous ont réveillés, mais bel et bien une bande de vieux pèlerins bouddhistes marchant avec leur bâton de bambou et espionnant notre tente en criant! Sans compter qu’il avait plu une partie de la nuit et que la tente pataugeait maintenant dans un beau lac artificiel fraîchement conçu par dame nature.

Trempée jusqu’aux os!

Pendant cette deuxième journée, nous avons marché 10 h – dont 6 h sous la pluie – sans jamais vraiment atteindre le sommet, c’est-à-dire le temple du Golden Summit. En fait, il nous restait 500 mètres à marcher, mais nous le saurons que le lendemain matin. Nous étions tellement humides et le froid s’installait progressivement sur la montagne. Nous avons donc campé et avons trouvé réconfort dans notre sac de couchage.

La dernière journée, nous nous sommes encore faits réveiller, mais cette fois-ci par une horde de Chinois qui pointaient la tente avec leurs lampes de poche. Ils s’apprêtaient à gravir le sommet pour admirer le lever du soleil. Et ils n’ont pas eu besoin de nous convaincre pour qu’on pacte les p’tits et qu’on se joigne à eux! Heureux dénouement puisque nous avons assisté à un merveilleux lever de soleil au temple d’or.

François est encore victime de son succès de vedette aux cheveux dorés et il est maintenant la proie des appareils-photo de moines bouddhistes!

Après ce beau lever de soleil, nous nous sommes frayés un chemin dans la foule d’admirateurs du soleil levant, du temple et du Bouddha d’or et nous sommes retournés à Chengdu.

Dans toute cette aventure, nous pouvons affirmer que nous avons été de bons pèlerins bouddhistes, car la montée a été parsemée d’embûches: tempête de pluie et orage, fatigue et froid, marches sans fin, promiscuité avec les Chinois au sommet, etc. Parfois, les sacres québécois ont afflué lorsque les fameuses marches sans fin étaient très abruptes. Très rares sont les Chinois qui optent pour le parcours que nous avons emprunté. Et ceux qui le réalisent apportent avec eux qu’un mini sac, un parapluie (détruit par la tempête de pluie et de vent) et un poncho sac à poubelle couleur bonbon (également déchiré par la tempête.) Mais ils le font, éclopés ou pas. La grande majorité viennent au sommet en autobus ou en funiculaire, armés de leurs sacoches et certaines, de leur robe et de leurs talons hauts! Plusieurs achètent des toutous de singes roses ou bleus et mangent du blé d’Inde qui goûte la patate en marchant (et en lançant souvent le reste dans le bois.) Tout cela gâche un peu le sentiment de victoire de la fin, mais au fond, nous savons que nous avons finalement vaincu le mont Émei, site enchanteur et spirituel.

Sans rancune pour tous ces Chinois. Dans un pays où l’humain vit dans des édifices de 20 étages collés les uns sur les autres et ne sait pas ce qu’est une bulle, il s’avère difficile de comprendre ce qu’est une région sauvage, un habillement sportif adéquat, la sauvegarde des milieux naturels, etc. Et tant mieux si nous avons été des bêtes de cirque lorsqu’ils pointaient nos gros sacs du doigt les yeux exhorbités ou en riant. Vraiment, les Chinois vivent complètement dans un autre monde que nous, les Canadiens, habitués aux grands espaces et à la solitude lorsque cela est nécessaire.

En souhaitant que Bouddha soit reconnaissant de notre pèlerinage au mont Émei et nous donne de la chance au cours de notre grand périple.

Je vous laisse sur cette belle image de lever de soleil. Je n’allais tout de même pas dévoiler le punch avant la fin de l’article!

Sérieusement, profitez des grands espaces et de la liberté, ce sont des richesses inestimables.

– Karine

À VOIR: Album photo du Mont Emei


6 commentaires

  1. Diane

    The answer my friend is blowing in the wind…
    En ce qui concerne l’oiseau,,,ouf c’est toute une colle
    mais je vais chercher XXX

    Répondre
  2. Louis

    Salut!
    Merci encore pour vos textes et photos. Que le bouddha vous inspire et vous supporte pour la suite!

    Répondre
  3. MeL des champs Varennois

    Merci de nous emporter avec vous dans ces ”hauts lieux” dignes d’un compte de fées! À la prochaine épisode! xxx

    Répondre
  4. Roger Pâteux du St-Cochrane

    Cool votre ascension. Je crois que j’ai compris plus que ben d’autres l’importance de la paix mais là, je parle de la Ste-Paix. Vous l’avez trouvé. Belle tranche de voyage encore une fois! Je comprends un peu les moines tibétains de vivre dans le fin fond du monde, ils ont aussi la paix là-bas. Je pense à vous et je vous lis à chaque épisode, profitez de ces moments, ils sont précieux et ne reviendront pas des centaines de fois dans une vie. Ici tout baigne, on tente d’installer la routine avec #3…alors on se rejase un autre fois!! A+ les poussinots!

    Répondre
    • Karine

      RoU RoU RoU des bois de Cochrane!
      Mets-en que tu l’as la paix dans ton coin du monde et un module de jeux qui put concurrencer avec toutes les garderies de Chaudière-Appalaches!
      Salutations à Virginie et aux p’tits gars et leur petite soeur!

      Répondre
      • Francois

        Tu es très courageuse ma belle d’avoir monté toute cette montagne! Fiou c’était pas facile

        Répondre


Commenter