Axoum

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Mis en ligne le08 Déc 2011 dans 10-Éthiopie

De retour en Éthiopie!

Fraîchement redescendus des monts Siemen, nous revoilà déjà sur la trotte après une courte nuitée au village de Débark. Ai-je mentionné les mots « nuit courte »? Oui! Comme à l’habitude, le départ des autobus s’effectue avant l’aube, ce qui implique qu’il faut se lever vers 4 h du matin. Oh! Oui! Et ça arrive fréquemment. Mais bien avant cela, la mosquée du coin et les chants religieux chrétiens ont bien pris soin de nous réveiller. Généralement, ces cris-chants-musiques-prières-alouette commencent à 3 h du matin jusqu’à temps que tout le monde soit réveillé…mais le dimanche, jour saint, c’est le GROS LOT! Ils pensent davantage à nous et nous mettent sur le piton vers 1 h du matin sans interruption! Maintenant, nous pouvons comprendre pourquoi plusieurs Éthiopiens dorment un peu partout en plein jour!

Pour la prochaine étape, nous voulons aller à Axoum, petite ville située dans le nord du pays. Ce qui complique un peu les choses, c’est que le village de Débark est en fait ce que nous pouvons appeler un « TROU » en bon québécois. Niché en plein cœur du plateau éthiopien, il est entouré de montagnes et de vallées. Pour s’y rendre, il faut une patience aiguë, surtout dans un bus local sans suspension. Sans compter les chemins de terre, toujours en perpétuelle construction, qui semblent avoir été minés.

En Éthiopie, les autobus ont des levels de 1 à 3. Vous allez dire que le level 1 doit être plus beau et rapide que le level 3? Supposément. Il est parfois plus neuf – même ce ne sont que de vieilles réguines dans ce pays -, mais le premier se fait souvent dépasser par le troisième à grande vitesse qui lui envoie une fumée bleue en prime!

C’est le même genre de route de brousse qu’il faudra emprunter pour se rendre à Axoum. Nous décidons d’y aller avec un camionneur plutôt qu’en autobus, car il y en a seulement un par jour et il est souvent bondé. Le trajet prendra 9 heures à serpenter dans les montagnes. Autant nous avons vu l’un des plus beaux paysages de notre vie que l’une des pires routes! La pauvreté dans certains villages nous coupait le souffle et à maintes reprises, nous avons vu des affiches de différents ONG internationales, organisations caritatives et de coopératives agricoles présentes dans le milieu pour venir en aide aux gens. Notre chauffeur s’arrêtait régulièrement dans les villages pour faire monter des villageois qui s’accrochaient au camion et grimpaient rapidement dans la boîte arrière en s’entassant comme des sardines sur les sacs de grain. La folie furieuse! Et certains enfants nous observaient les yeux ronds comme des billes en criant : « You! You! », « Farenji », « Money », « Hello! Hello! ». Dans le fin fond d’une Éthiopie jamais colonisée, on peut se demander où ces bambins apprennent toutes ces calembredaines!

Pendant notre traversée du nord de l’Éthiopie, nous avons subi plusieurs contrôles dont un qui a coûté cher à notre conducteur! Et voilà, la police lui a collé un 400 birr pour un trop de passagers! Et il y a eu plein d’autres fois où un gardien, habillé en chasseur, bloquait la route avec une corde et des sacs en jute suspendus. Fusil à la main, il demandait aux passagers leur pièce d’identité. J’imagine qu’avec le bordel de l’Érythrée juste à côté, ils ne prennent pas de chance…

En chemin, nous avons klaxonné ânes, moutons, vaches…mais ça, c’est devenu coutume pour nous depuis la Russie. Dans tous les pays visités, les klaxons gèrent davantage les animaux que les clôtures! Le plus inhabituel pour nous était de croiser des paysans sur le bord de la route qui se promenaient fusil à la main. Oubliez le registre des armes à feu! Vous dire que mon cœur n’a pas fait des catapultes quelques fois dans  mon thorax serait vous mentir…

Arrivés à Axoum, nous tombons sous le charme. La ville est sympathique, jolie et agréable. Il y règne une belle tranquillité. Les habitants ont l’air d’avoir la vie moins pénible comparativement aux autres bourgades visitées. Axoum possède un important bagage historique et s’avère un lieu saint bien apprécié des pèlerins chrétiens. Il y a beaucoup de sites historiques et religieux à visiter, mais nous nous en tiendrons à quelques églises seulement. De toute façon, la plupart des trésors archéologiques d’Axoum n’ont pas été déterrés. La tournée des églises se terminera rapidement puisque plusieurs d’entre elles interdisent aux femmes d’y accéder. Hé oui!

Boutique de paniers artisanaux de la ville d’Axoum.

Sur le chemin, nous rencontrons un garçon de 11 ans qui vient nous jaser en anglais. Il commence par les questions typiques, ce que font la plupart des enfants éthiopiens pour se pratiquer. Contrairement aux autres gamins, ses capacités linguistiques ne s’arrêtent pas là. Il est vraiment doué et s’aventure dans une autre série de questions. Nous sommes ébahis et décidons de poursuivre notre marche en conversant avec lui. Bhran nous montre des églises, des petits chiens, son quartier…et nous invite chez lui! Okay, nous y allons!

Rendus dans sa modeste demeure, mais très accueillante, il nous présente sa famille. Sa mère, son père et ses deux sœurs nous sourient béatement, un peu surpris de voir des Farenjis arriver chez eux. Ils nous servent de l’excellent café à la méthode éthiopienne – ils font griller les grains et nous les font sentir avant la dégustation -, du pain traditionnel nommé injera et ils nous font goûter à du tedj, une boisson légèrement alcoolisée faite à base de miel. Ah! Vous vous dites, ça doit être succulent ça! Vous demanderez à François qui l’a bue d’un trait – la coutume l’exige ainsi – et il vous répondra probablement qu’il a eu du mal à détecter le goût de miel dans ce breuvage brunâtre et visqueux à saveur surie.

Bhran nous montre ses livres d’école recouverts de papier journal et nous présente tous les objets que nous trouvons curieux dans l’unique pièce de leur maison – et très exiguë soit-dit en passant – . Cette rencontre inédite nous émerveille, c’est génial de mettre les pieds chez des Éthiopiens! Nous demandons à Bhran où il dort. Il nous explique que parfois, c’est dans le petit lit avec deux autres personnes ou sur le sol en terre battue. Nous cachons notre désarroi, mais lui, il renchérit en disant qu’il aime beaucoup mieux dormir sur le sol! Ayoye!

Nous remercions chaleureusement nos hôtes et repartons à la conquête de la ville. Ce temps passé avec la famille nous aura appris beaucoup sur l’Éthiopie et nous sommes très heureux d’avoir rencontré le petit Bhran.

À Axoum, nous avons profité de la propreté de la chambre et de l’eau chaude pour effectuer une opération intitulée « EXTERMINATION MASSIVE DE LA VERMINE ». Nous avons lavé, ébouillanté, frotté nos vêtements, nos bottes et nos sacs pour tuer ces abominables bestioles microscopiques qui piquent, pour massacrer ces vilaines tiques mangeuses de tout, pour immoler ces parasites délinquants en cavale dans nos affaires!

Priez avec nous pour qu’ils soient partis à jamais, amen!

– Karine

A VOIR: Album photo d’Axoum


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