Lac Tana

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Mis en ligne le27 Nov 2011 dans 10-Éthiopie

Bonjour du pays de Lucy l’australopithèque!

Cordiales bienvenues sur le continent noir au cœur de l’Éthiopie. C’est avec beaucoup d’excitation et d’appréhension que nous arrivons en Afrique.

Avant de poser le pied à Addis Abeba, la traversée a été remplie d’aventures. D’abord, nous avons pris le vol de Yémen Airways qui avait 6 heures de retard. En plus, il a fait un arrêt à Beyrouth au Liban puis à Sanaa au Yémen. Avec un air inquiet, les agents de bord nous ont demandé si nous allions vraiment au Yémen : ils étaient sûrs que nous nous étions trompés puisque nous étions les seuls Occidentaux dans  le vol.

En plus, la fouille à l’aéroport est particulière pour les femmes dans ces pays musulmans. Karine devait faire une file séparée avec les autres femmes. Les hommes d’un bord, les femmes de l’autre. Karine a même pu voir comment une femme voilée en tchador subissait la fouille au corps : la douanière s’enfermait dans une cabine isolée et soulevait le voile noir. Dans l’aéroport de Sanaa au Yémen, les passagers se divisaient entre une moitié d’Arabes et une moitié d’Africains. Il y avait aussi les femmes musulmanes en tchador noir et les Africaines habillées de leurs accoutrements plein de couleurs et aux coiffures extravagantes. Quels abymes de dissemblances! Dans l’avion, la distance et la position de La Mecque par rapport à l’appareil étaient affichées régulièrement sur les écrans. Nous pouvions faire notre prière dans le bon sens! Il y avait une atmosphère de fête : pas de place assignée et plusieurs personnes debout qui jacassaient avec tout un chacun. À l’atterrissage, les hommes applaudissaient et les femmes chantaient de joie avec leur cri typique africain qu’on entend souvent dans les chansons : « wou-wou-wou-wou! »

Nous sommes finalement arrivés à 6h30 du matin dans la capitale éthiopienne (0h30 selon l’heure éthiopienne). Il faut dire que les Éthiopiens utilisent un système d’heure différent du système international.  Dans leur façon de compter, leur 0 h équivaut à notre 6 h du matin et ils découpent la journée en deux tranches de douze heures. La première tranche débute aux environs du lever du soleil et la seconde débute aux environs du coucher!

Addis Abeba est la quatrième plus grande ville d’Afrique et est le siège de l’Union africaine. L’Éthiopie contemporaine comprend plus de 80 peuples différents avec leur langue et leurs coutumes. À ma connaissance, c’est aussi le seul pays africain qui n’a jamais été colonisé par l’une des puissances européennes. Autres faits intéressants : en l’Éthiopie utilise l’alphabet amharique qui comporte 260 caractères. Et ce n’est pas tout, l’Éthiopie n’a pas remplacé le calendrier julien par le calendrier géorgien comme en Occident. Dans ce pays d’Afrique, c’est donc toujours douze mois de trente jours avec un petit mois d’extra de temps en temps pour compenser les journées perdues. Aujourd’hui, l’Éthiopie a sept ans en retard sur notre calendrier. Le 11 septembre 2011 du calendrier du Québec, l’Éthiopie fêtait son Nouvel An 2004! Nous rajeunissons subitement!

Bon, c’est bien édifiant tout ça, mais il faut quand même sortir de l’aéroport! Pour se faire, nous avons pris un mini bus local pour nous rendre au quartier souhaité. En essayant de trouver un endroit pour dormir, nous commencions à peine à saisir l’atmosphère des rues. La plupart des gens nous regardaient, des centaines de personnes dormaient sur le trottoir et un ratio inégalé de gens quémandaient. Après avoir constaté l’ambiance, nous choisissons un hôtel qui est entouré de clôtures et protégé par des gardes.  Une femme de chambre récupère une vieille brosse à dents jetée dans les poubelles et l’un des gardes me demande si j’ai des vieux souliers à lui donner. Au restaurant de l’hôtel, des serveuses chics nous offrent de délicieux buffets où nous essayons toutes sortes de mets éthiopiens. Il y a une grande variété d’aliments comme nous n’avions pas vue depuis la Russie.

Le lendemain, nous avons marché en direction du Mercato, le plus grand marché en plein air d’Afrique. L’ambiance était tout aussi traumatisante.  La grande misère humaine étalée sur tout son long. Nous abandonnons l’idée d’aller au marché. Nous marchons sans sac, rien dans les poches, en direction de la station d’autobus. Nous avons des haut-le-cœur de toutes ces odeurs et de voir ces milliers de sans-abri, d’handicapés, etc. Sous le soleil de midi, certaines personnes gisaient face contre terre en plein milieu du trottoir. Nous avons convenu que cette triste scène était plus trash que ce que nous avions déjà vu à Delhi la nuit. Même en voyant tous ces reportages, il est difficile de concevoir pareille situation. Je pense à nos animaux qui sont souvent dans de meilleures conditions et ça m’attriste profondément. Le reste de la journée, nous l’avons passé en essayant de retirer des sous. Après six banques qui n’offraient pas ce service et quelques ATM défectueux, l’une de nos cinq cartes de plastique a heureusement bien voulu fonctionner. Mais ce n’était que notre petite misère passagère!

Le lendemain, nous prenions l’autobus à 5h30 du matin pour un trajet de 12 heures vers Bar Dahir. Nous étions évidemment paquetés comme des sardines. J’avais les rotules coincées sur le banc d’en avant. L’autobus émettait de la boucane bleue ou noire et…parfois grise. Bien sûr, nous étions les seuls visages pâles à la station d’autobus. Les autres touristes semblent organiser leur voyage en Éthiopie avec des groupes privés ou avec une Jeep et un chauffeur. Notre longue balade en autobus nous aura toutefois permis de nous rapprocher de la culture africaine. Certains passagers venaient nous aborder avec le peu d’anglais qu’ils connaissaient. L’un d’entre nous se souciait même de notre confort : il nous a demandé si les routes d’Éthiopie et la ride d’autobus n’étaient pas trop dures avec nous! Dans l’autobus, les enfants nous regardaient avec leurs immenses yeux intrigués – les Éthiopiens sont un beau peuple ayant des petits traits et des grands yeux – et nous souriaient. Puis, nous filions vers le lac Tana en écoutant de la bonne musique africaine traditionnelle à tue-tête!

Nous sommes arrivés à Bar Dahir, considérée comme une « station balnéaire » à l’africaine. En fait, cet endroit est considéré comme un lieu parfait pour se reposer. La ville est située sur la berge du lac Tana, le plus grand lac d’Éthiopie. Ce lac forme également la source du Nil Bleu où il rejoindra son petit frère, le Nil blanc, à Khartoum au Soudan.

Nous y posons notre tente dans le jardin de l’hôtel qui abrite une diversité incroyable d’oiseaux. Mais, dès que nous sortons de l’enclos touristique, ce sont un peu les mêmes images désolantes que nous voyons. Nous voulons même nous balader tranquillement sur le bord de l’eau, mais c’est quasi impossible : les gens nous quémander directement. Par exemple, l’un d’entre eux nous demande : « Can you give me breakfast? » et nous de répondre que nous n’en avons malheureusement pas. Il renchérit brusquement : « Don’t believe you ». Assez raide comme début de journée.

Mais, l’Afrique étant terre de grands contrastes, plein de gens nous sourient et certains viennent nous jaser simplement et nous demander si nous aimons leur pays. Le vent change de direction rapidement en Éthiopie! C’est seulement en ce quatrième jour en Afrique que nous avons osé prendre nos premières photos.

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En après-midi, nous décidons de marcher vers l’ouest du lac où c’était plus tranquille. L’ambiance est davantage campagnarde que citadine à notre grande joie. Les gens sont curieux et nous scrutent tout droit dans les yeux. Certains osent même nous appeler « Farenji », ce qui signifie « Blancs et riches ». Rapidement, nous nous faisons des amis, de jeunes adolescents. Au début, nous sommes très craintifs et surveillons nos arrières. Puis, à force de les voir nous sourire et pratiquer leur anglais, notre paranoïa diminue et nous nous laissons guider par ces jeunes très sympathiques. Ils iront nous montrer la fabrique de bateaux en papyrus et le ramassage du bois et les charrettes tirées par les ânes. Puis, ils se baigneront pour nous impressionner! Pas de stress concernant les hippos, les crocos : ils revêtent leur habit d’Adam et sautent à l’eau! Leur rencontre fera le bonheur de notre journée.

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Le lendemain, nous participons à une excursion en bateau pour visiter des monastères près du lac. L’activité est assez touristique donc les frais d’entrée pour les monuments sont un peu exagérés. Nous laisserons tomber ces visites pour faire de nous des ornithologues amateurs!

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N’hésitez pas si vous avez des questions, nous aimons vous lire!

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–  François et Karine

À VOIR : Album photo du Lac Tana


8 commentaires

  1. Louis

    Salut mes deux australopithèques!
    Très touchante votre chronique, on sent la fébrilité de cette arrivée dans un monde on dirait presque impossible. On n’y pense que trop peu, mais c’est bien la réalité de tant de gens. Vivez les moments et laissez vous guider par votre instinct qui vous a bien servi jusqu’à maintenant. N’oubliez pas que nous sommes plusieurs avec vous quelque part dans le ciel, les arbres, les sourires. Je vous souhaite de profiter des surprises qui arriveront sur la route de l’inconnu et d’admirer les lieux où vous êtes, car ils ont l’air magnifique après ces quelques photos!
    Peace
    Louis

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  2. Maryse

    Bonjour,
    Je vais lire vos articles sur l’Afrique avec un intérêt particulier. J’ai bien hâte de voir vos bilan pour ces pays:) POur nous, cette partie du monde sera pour un prochain voyage… bonne route
    Maryse

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  3. Alex

    Wow! Je tiens à saluer votre initiative de vouloir découvrir l’Afrique en commençant par l’Éthiopie! L’Afrique que j’ai pu voir n’était surement pas aussi pauvre et dépourvue mais tout aussi souriante et simple. Je vous envoie un gros bonjour de moi et Mimi et j’ai impatiamment hâte d’avoir d’autres nouvelles!!

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    • Salut cher Alex! Merci pour tes encouragements! J’espère que tu vas bien. Les congés qui s’en viennent.
      Chaque fois que je passe dans des villages où il y a des missions humanitaires,
      je pense à ton expérience. Voyager dans un pays si contrastant par sa pauvreté est toute une expérience.
      On fait ce qu’on peut par de petits gestes pour redonner un peu à cette planète et aux
      inégalités du destin tout en voyant des choses magnifiques. Mais de s’attarder sur un projet humanitaire pendant des mois
      comme tu as fait demande beaucoup de courage. C’est incroyable comme ils ont rien comme outil!
      Quand je vois des bout de route en construction, un ponceau à faire, ou quelques bâtiments sommaires à mettre debout, j’ai pensé à ta détermination.
      Ils sont des milliers qui n’ont presqu’aucun outil. Encore ce matin, j’ai vu un homme
      qui taillait la pierre en petits caillous (genre 0 – ¾) avec une mailloche, il y avait un méchant tas devant lui.
      D’autres enfants dans les champs piétinent les tiges du blé pour en extraire les grains…

      Profites du bon temps et salutations à Mimi

      Rotchy et ses amis lippus

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  4. sophie

    Salut à vous deux,salam malacoume ( desoler pour lorthographe)

    AH que je vous envie l’Afrique me manque tellement. Je vais peut etre vous parraitre sans coeur ,mais vous verrez vous vous y ferais non sans les ignorer,juste parce que l,afrique est comme ca et quon ne peu nourrir tout le monde. Profiter de cette afrique pleine de contraste qui peu tellement nous apporter et que j’adore pour toute sais bonne raison qui peuvent etre rude ,mais tout aussi enrichissante.

    sophie

    Répondre
    • Bonjour Sophie,
      Hé oui, quelques semaines plus tard pour te répondre, désolé…Internet est plus difficile à dénicher en Afrique! Et quelques semaines après notre arrivée, on constate ce que tu as si bien dit…l’Afrique est fascinante, mais difficile à la fois. Et même si on aimerait aider tout le monde, ce n’est malheureusement pas possible de le faire tout bonnement comme ça. Oui, il faut le vivre pour le comprendre. Et plein de réflexions émergent depuis notre arrivée.
      Hé toi, tu pars bientôt? Yahou, tu dois être excitée!
      Karine et François

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  5. Diane

    J’ai peu de mot en ce moment à la lecture des vôtres. Pourquoi tant d’inégalités sur la terre des Hommes.
    Touchante chronique et photos très belles. Je vous embrasse xxx Mommy

    Répondre
  6. gilles

    Merci Karine et Francois de se beau reportage qui nous indique bien la souffrance presente dans ce peuple, et la distance qu il y a entre leur culture et la notre. On voit dans leurs comportements et leurs yeux combien ils souffrent…on le voit aussi dans les votres, combien vous vous sentez impuissant pour les aider.
    Vous pouvez les aider en leur donnant le meilleur monnaie du monde- AIMEZ LES COMME ILS SONT SONT et PARTAGERZ AVEC EUX ce que vous avez. Vous mettrez en banque dans le royaume des cieux de nouvelles richesses ou ni voleur, ni mite ne peuvent les prendre et vous serez heureux.
    Quelle expérience que vous faites, voir les gens dans leur quotidien, s’unir à eux avec ce que vous êtes, ne peut que donner de bons fruits et vous donner une profonde paix du coeur.
    Nous partageons avec vous ses moments et nous les offrons à notre bien-aimé Seigneur Jésus pour que vous découvriez sa présence dans ses pauvres gens. Jésus nous a dit’ ce que vous aurez fait au plus petit d entre les miens, c est a moi que vous l aurez fait’
    Courage Karine et Francois, vous êtes sur la voie de la découverte de la vrai vie, ou l’être humain n’est qu’un seul peuple, avec des couleurs de peau différentes.
    Nous vous gardons dans la prière. Ce soir notre premiere tempete de neige a port cartier. 20 cm, pluis et neige…de la gadoue….
    Gilles et Johanne.

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