Fleuve Tsiribihina

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Mis en ligne le11 Fév 2012 dans 12-Madagascar

Coup de chapeau, courbettes et gros becs. Considérez-vous comme salués!

C’est encore moi en direct de cette ancienne colonie française dorénavant sans gouvernement et sans arbres.

Alors comment ça va les amoureux?

Cette fois, vos incorrigibles explorateurs vous emmènent sur le fleuve Tsiribihina (oui, un autre nom malgache à coucher dehors, il faut s’y faire).  Nous y descendrons en pirogue sur plus de 140 kilomètres.  

Nous avons mis trois jours de taxi-brousse pour atteindre Miandrivazo à partir du parc d’Isalo. En ville, nous avons fait la connaissance de plusieurs intermédiaires organisateurs de ce genre d’activités. Comme c’est la saison basse, nous étions les seuls touristes de la ville. Donc, nous avions le choix. Certains nous sortaient des arnaques pour échanger quatre piastres pour un trente sous, mais on ne nous là fait pas celle-là. Emberlificoteurs, va! Disons qu’il n’y avait pas beaucoup de place à la discussion puisque nous fournissons tout le matériel et la nourriture nécessaire pour les trois jours prévus. Après quelques échanges et un passage à la mairie pour remplir de la paperasse, nous étions fin prêts à débarrasser le plancher des zébus le lendemain matin.

Au petit jour, nous partons avec Évariste et Honoré, nos hardis pagayeurs. Ils sont très fougueux et se font même cuire un steak de zébu à même le bateau. Ça sentait bon pendant la descente et nous les enviions avec notre petite baguette de pain blanc et nos quelques encas! C’était aussi spécial de ne pas pagayer et de se laisser descendre le long du fleuve tranquille. Nous nous la coulions douce sous le soleil de plomb. Chemin faisant, nous croisons quelques autres embarcations et chalands à moteur.

En après-midi, nos piroguiers nous ont proposé de s’arrêter ou de poursuivre encore 3 heures sur le fleuve. Nous avons pris le deuxième choix pour nous donner le plus de chance d’arriver à l’allée des baobabs la journée que nous souhaitions. Nous avons donc renoué avec la tiédeur du fleuve rouge de terre érodée. Comme l’eau était à son niveau le plus haut de l’année, beaucoup de plantes arrachées nous suivaient à la surface du courant.

Avant de nous installer pour la nuit, nous nous sommes arrêtés à une petite cascade. Nous avons pu y remplir nos gourdes d’une eau moins orangée. Il faut dire que les Malgaches de la région boivent directement l’eau boueuse. Dieu sait à quel point notre filtreur nous a été bénéfique et surtout combien il a été une source de conversation parmi les villageois. Une petite pompe à bras avec un morceau de céramique et la magie opère : l’eau brune se transforme en eau blanche!

La tribu familiale chez laquelle nous avons posé la tente était très gentille. Ils vivaient dans une maison de paille haute comme trois tamarins et il n’y avait aucun voisin. Seul leur petit champ de maïs à flanc de berge tenait compagnie. Comme il n’y a aucune route près du fleuve, ces gens sont très pauvres, mais aussi très authentiques. Nous leur avons donné de la nourriture et notre restant d’huile de sésame qui semblait les intéresser hautement. Il faut dire qu’on avait scrappé notre souper de la veille. De la sauce pesto à la crème, ça ne va vraiment pas avec le sésame!

Le lendemain, nous poursuivons la descente et atteignons une région où les gens cultivent le tabac (qu’ils fument avec du papier de feuille de cartable). Puis, le soleil était de plus en plus fort. Nos piroguiers se sont arrêtés pour se trouver de la nourriture dans les villages, mais les gens n’avaient rien d’autre que du riz. Alors, nous avons pêché avec un filet tout troué jusqu’à tant qu’ils récoltent un petit poisson pour compléter leur repas. Évariste, le plus jeune, n’a sûrement pas bu assez d’eau et il avait un coup de chaleur. Nous lui avons donné des pilules, de l’eau filtrée et j’ai pagayé pour finir la run. Ce qui était encore mieux, remarquez.

Nous avons aussi revu des lémuriens blancs aussi appelés Sifaka  ou Propithèque de Verreaux. Cette fois-ci, nous sommes débarqués pour les observer du bas des arbres. Le long de la descente, nous avons aussi aperçu cinq ou six caméléons, un crocodile, des chauves-souris et plusieurs oiseaux, dont le magnifique Guêpier de Madagascar.

Propithèque de Verreaux

Nous sommes arrivés en fin d’après-midi dans un village encore plus pauvre avec une quarantaine d’habitants dont la moitié n’a cessé de nous observer. Nous poursuivrons la prochaine chronique à partir de ce lieu hors du commun.

Merci de nous encourager et au plaisir de vous changer un peu les idées.

On se revoit même bat-lieu, même bat-fleuve!

– François

À VOIR : Album photo de Tsiribihina


3 commentaires

  1. Louis

    Salut! Vos photos de visages sont sublimes, encore une fois! Bonne route. Nous on quitte pour la jungle pour 5 jours. Bon voyage vers l’Est, c’est cette semaine si ma mémoire est bonne!

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  2. Diane

    Les yeux grands grands, la bouche entrouverte avec une petite larme…tout ébahie de vous voir si loin, accueillis et accompagnés par des gens fort beaux. La photo de nuit est renversante, j’ai l’impression d’y être
    What a trip !!!!
    Mom xxx xxx

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    • Merci Mom ça fait chaud au cœur que nos petites histoires te touchent. Et je continue à photographier la nuit et le soir avec une pensée spéciale pour toi. Comme à l’époque des feux de camps et des lucioles. L’été sans vient tranquillement pas vite! Tourlou

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