Parc national de l’Andringitra

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Mis en ligne le23 Jan 2012 dans 12-Madagascar

Salam à tous!

Envie d’exotisme? Ça s’en vient, rassurez-vous! Tout est exotique à Madagascar, même les transports! Hé oui, ces fameux taxi-brousse qui sillonnent rizières, villages et petites forêts sont assez…uniques en leur genre et très pratiques pour visiter le pays. Or, les routes le sont moins et elles donnent du fil à retordre à ces petites réguines de minivan qui tentent bien d’affronter les pistes reculées de cette grande île.

Effectivement, le peu de transports offerts et l’état déplorable des pistes nous font légèrement damner puisque nous avons de la difficulté à trouver un moyen pour nous rendre au Parc national d’Andringitra, reclus dans les montagnes, mais réputé pour sa beauté mirobolante et sa vue scénique. Dans la petite ville d’Ambalavao, nous avons cherché dans toutes les ruelles le foutu taxi-brousse se rendant un lointain village de Sendrisoa où il nous aurait resté 17 kilomètres à marcher pour ensuite accéder à l’entrée du parc. Imaginez! Mais, nous étions motivés au maximum, c’est le taxi-brousse qui n’était pas au rendez-vous…Débinés, nous sommes retournés voir l’administration du parc pour leur fait part de nos recherches infructueuses. Nous leur avons demandé si quelqu’un du parc se rendait, par hasard, en Jeep demain. La dame de l’Écotourisme est allée voir son patron, M. Le Directeur, qui lui s’y rendait! Et il voulait bien nous prendre, yahoo!

La « vaza » a fait peur au petit garçon avec sa peau blanche je crois.

Le lendemain, les cliques et claques virevoltaient en faisant nos bagages, montrant notre grande joie à l’idée d’avoir trouvé une issue au transport tarabiscoté des brousses malgaches. Nous montons dans le Jeep avec le directeur du par et ses deux acolytes pour affronter, coûte que coûte, les vilaines pistes de terre orangées détrempées et complètement ravagées. À quelques reprises, il faut démarrer la Jeep sous compression en poussant ou la dépêtrer de la boue rebelle. En chemin, nous livrons même des sacs de béton et des poulets aux paysans! Nous trouvons même un monsieur assez âgé, épuisé, sur le bord de la route pour le ramener au bercail. Nous pouvons donc rencontrer de nombreux Malgaches campagnards qui nous interpellent en criant, tout sourire et en envoyant la main : « vaza » ou « vacha », soit « étranger »,  selon les accents régionaux.

Enfin, nous arrivons au superbe accueil du parc, enfoncé dans la brousse, après des heures de durs labeurs passés dans le Jeep. La piste était détruite, une horreur! Au moins, nous sommes arrivés et nous planifions notre randonnée de 3 jours avec nos gros sacs plein à craquer. Puis, le parc nous attribue un guide de notre âge, Ramami. Lui, il part sans sac à dos, seulement équipé d’un sac de plastique rempli de riz blanc. Nous sommes hébétés et lui, il est ahuri de voir le poids que nous allons transporter. Pas besoin de porteurs, merci. C’est un concept assez difficile à comprendre pour les Malgaches et nous avions eu les mêmes pourparlers avec les Éthiopiens également. Faut croire que de suer de son front – pour rien – n’est pas coutume ici.

En début d’après-midi, nous partons, tout fringants. De loin, nous voyons l’une des nombreuses falaises de l’Andringitra et les deux grandes chutes, l’une femelle et l’autre mâle, qui approvisionnent l’eau aux rizières des alentours.

Ramami nous explique que les Malgaches croient que ces chutes peuvent donner la fertilité. Si un couple a ce type de problème, les tourtereaux n’ont qu’à aller se baigner dans le bassin de rencontre des eaux et Tadam! Dame Nature et sa magie de la fécondité sera elle-aussi au rendez-vous. Il nous fait aussi visiter une grotte qui a été habitée par un vétéran voleur de zébus (vaches malgaches) du coin pendant de nombreuses années!

En chemin, nous trouvons de beaux caméléons. Un couple de petits : le mâle est brun et la femelle est verte, mais elle peut changer de couleur. Ils sont si intrigants et fascinants avec leurs yeux ronds qui tournent en rond!

Plus tard, le guide trouve une espèce de caméléon plus gros et François se fait un plaisir de le balader sur ses mains.

Le soir venu, nous préparons notre festin avec produits malgaches et français, petit luxe sur lequel nous ne crachons pas dessus. Oh! Que non! À nous les baguettes, les fromages, les pâtés de foie et de canard, les olives, l’huile d’olive, miam! Et un petit verre de vin malgache puisqu’il y en a beaucoup à Madagascar. Pauvre Ramami, il nous emprunte notre casserole pour manger son riz blanc. Nous lui offrons du couscous et surpris de goûter à cette nouveauté, il s’avère bien heureux.

Le lendemain matin, nous ne comprendrons pas tout le charabia du guide nous expliquant que son gosse de 6 ans serait venu à 4h30 du matin lui porter son sac à dos, sa marmite et une petite couverture. Quoi qu’il en soit, nous nous rendons également compte que son français fait pic-pic, surtout qu’il ne comprend pas grand chose avec notre accent québécois. Et nous nous forçons, trouvez l’erreur!

Nous partons au camp 3, situé à 2050 mètres d’altitude. Un épais couvert de nuages noirs danse au-dessus de nos têtes, mais la pluie ne vient pas. Heureusement, puisque nous pourrons gravir le pic Boby, culminant à 2 658 mètres d’altitude, ce qui en fait le deuxième somment le plus haut de Madagascar.

Le dernier jour, c’est déjà la descente et nous allons descendre en tipépère! Notre guide nous avait parlé d’un 6 heures de marche jusqu’au camp Catta qui s’est avéré être 11 heures de marche. Aïe! Aïe! Aïe! « Mora Mora » s’exclament les Malgaches, y’en a pas de problème avec l’heure ici! Faut être cools! Oui, oui…

Au moins, les paysages étaient superbes et nous avons pu observer nouvelles sortes de plantes et de curieux insectes. Nous avions une vue panoramique sur la vallée de Tsaranoro et sur le pic du Caméléon.

En début de soirée, nous arrivions, fatigués comme de vieux soldats saccagés par le terrain, sans énergie et sans odeur tellement agréable. Malgré nos merveilleux souvenirs, nous en avions notre claque! La bière, les peanuts salées et le steak de zébu n’étaient pas de refus le soir venu.

Nos muscles endoloris et les cris des lémuriens de la forêt avoisinante nous ont convaincu de prendre congé au camp Catta le lendemain afin de se reposer et d’explorer les lieux. Nous prenons aussi congé de notre guide Ramami qui retourne chez lui. Dans la forêt de Tsaranoro, nous ferons des découvertes intéressantes comme des piscines naturelles, des ossements humains de vieux tombeaux et nous aurons la chance d’admirer un grand groupe de lémuriens maki de très près qui se chamaillaient et sautaient partout autour de nous! Wow! Et avec chance, nous apercevons aussi un gros caméléon se promenant sur une branche peu de temps après. Génial!

Vraiment, que de dire de plus concernant les montagnes du parc d’Andringitra et la fabuleuse vallée de Tsaranoro? Rien! C’était tout simplement féérique!

– Karine des fonds de brousse

À VOIR: Album photo du Parc national de l’Andringitra


13 commentaires

  1. Marie-Claude

    tout comme François, moi aussi je suis fière de ta révolution Karine! tant pis pour les lunettes, je sais que tu ne fermeras pas les yeux pour autant!
    p.s. bonne St-Valentin (ben quoi? on peut l’a fêter au moins toute une semaine….;-)

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    • Salut m-c et seb . Oui vous aussi passez du bon temps en amoureux. Nous sommes déjà à Kuala Lumpur pour quelques jours, l’Afrique a passé vite (et long par p’tit bouttes!)

      Malheureusement, nous avons manqué de temps et d’énergie pour voir la mère de Miara à Tana. Tu la salueras et Samy ( et autres Malgaches de Port-Cartier si jamais il y en a d’autres!) de notre part stp.

      Du bon temps, le printemps s’en vient! Xx

      François

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    • Salut Marie-Claude,
      Vaut mieux tard que jamais pour répondre à ton commentaire sur le blog! Et on ne vous oublie pas toi et Sébastien, on lire chacun de vos courriels! La Nouvelle-Zélande serait de loin votre paradis, un havre de paix! On vous en reparle et on adore vous lire!
      J’espère que tout va bien et que vous avez profité de la neige!
      Salut aux petits qui deviennent trop vite grands!
      Karine et François xx

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  2. Louis

    Wow encore! Merci de partager ces recits a nouveau, ces photos magnifiques et vos sourires. Bien intriguante cette ile qui semble a la fois accueillante et protectrice. Mon frere tes cheveux sont rendus pâles!

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    • Thks bro. On va te noircir ça cette moquette sous la tuque en NZ et à Punta Arenas. Hasta pronto

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  3. Diane

    Vous revoir la binette me réjouie ! Les photos des gens, des insectes des autres animaux…ouf que c’est beau presque magique. Aussi sachant qu’internet est difficilement accessible et constatant tous les efforts que vous mettez à découvrir ces lieux si lointain alors je vous dis mille fois mercis. Bientôt le petit matin pour vous, alors bonne journée xxx Mom xxx

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  4. MeL

    WOW, magnifique!!! Tellement beau, grandiose, féérique, magique, fantastique et j’en passe! Une contrée à mettre sur ma check liste! Merci pour les belles photos, vous nous transportez dans cet univers majestueux!

    Enjoy les vaza

    Mel xx

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    • Salut Mel!
      Les vazas sont de retour! On va quitter Madagascar sous peu, merci pour ton beau commentaire, ça remonte le moral de notre troupe de parfois fatiguée! Mais bon, on ne se plaindra pas! J monte à Varennes illico à mon retour, c est inscrit dans mes premières activités à faire! On pense souvent à toi et au progrès! Portez-vous bien et salutations à Fred!
      A la revoyure!
      Kare

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  5. Maryse

    C’est vraiment très intéressant. Une autre destinations très attirantes:)
    Bonne continuation
    Maryse

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    • Salut Maryse!
      C est toujours un plaisir d avoir des nouvelles de la grande voyageuse! Justement, nous aurons besoin de vos précieux conseils, car nous changeons certaines destinations…à suivre! Je t écrirai sous peu à ce sujet. Madagascar est un pays assez particulier, on ne trouve pas que ça se compare à l Inde, mais il y a d étranges similitudes sous certains aspects. C est un pays qui vaut le détour!
      Merci de nous suivre, c est vraiment le fun!
      Karine et François 🙂

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      • Maryse

        On adore voir de nouvelles destinations et revoir celles que nous avons visitées car il y a toujours du nouveau. Vous représentez bien les destinations où vous passé, ce n’est pas dénigrant si surfait donc c’est intéressant:) J’ai bien hâte de voir vos prochaines destinations:) Entuka, rien pour calmer notre envie de partir…

        Maryse

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  6. gilles truchon

    Un autre pays qu il fait beau de découvrir grace à vos commentaires.

    Merciiiiii. Petite nouvelle Nicola Gauthier a quitté Alouette

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    • Merci Gilles pour l’info. J’imagine qu’il à trouvé qq. chose à Port-Cartier? Porte toi bien.

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