Terelj

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Mis en ligne le07 Août 2011 dans 02-Mongolie

San Beno les potes!

L’expédition se poursuit au pays de Tengri et du ciel azur. Notre introduction en Mongolie ne s’est pas fait sans heurts, Karine vous racontera bien avec nos premières impressions de ce pays original un peu plus tard.

Pour l’instant, on se hisse sans selle pour une première aventure dans les steppes. Ici on dit Tchou pour faire avancer le cheval, alors donnez-lui un bon coup de corde sur la fesse, quelques exclamations “tchouesques” et hop, vous êtes au grand galop sur cette terre sans limites.

Quand on pense que la Mongolie est le pays le moins densément peuplé de la terre et que c’est ici qu’on trouve les plus d’animaux par tête de pipe, on est assurément frappés par le contraste avec la Chine!

Après quelques histoires et de belles rencontres à Oulan Bator, nous filons vers l’Aimag de Töv au village de Terejl pour faire l’expérience de la Mongolie centrale. Nous avons fait irruption dans la petite bourgade poussiéreuse et nous avons organisé  notre excursion pour les jours suivants. Nous avons passé le reste de la journée sur le bord d’une belle rivière où il y avait de grands arbres (je crois qu’ils étaient assez gros pour qu’on puisse dire une futaie). Bon, bon, bon, grands ou pas grands, on sait bien qu’un peuplier peu plié peut plier!

Trêve d’écartades, revenons à nos moutons, chèvres, chiens de prairie et alouettes. Dans l’après-midi, nous avons assisté à un sound check d’un groupe de musique rock mongol et avons dormi plus tard entre les chevaux et les bœufs-yaks qui broutaient le pourtour de nos piquets de tente. C’était déjà bien parti.

Le premier jour de l’expédition, nous avons fait la connaissance avec Borr, notre guide qui parlait autant l’anglais que nous parlions la langue de Genghis Khan. Vous m’excuserez, probablement que Borr  s’écrit Borrghnghjg, mais nos sons de gorges et notre alphabet cyrillique ne sont pas tout à fait au point. C’est assez incroyable les mots qui semblent n’avoir aucune voyelle dans cette langue, nous avons peine à répéter des prénoms simples qui sonnent à l’oreille comme : Jhlngrk ou Krgnlhj.

Quelques 20 km de cheval plus loin et quelques nouveaux muscles découverts un peu partout le long de la colonne, nous faisons la rencontre d’un valeureux cow-boy nippon à la retraite. Il déblatère comme trois personnes à la fois et saute d’une langue à l’autre, on aurait dit qu’il ne s’en rendait même pas compte. Il nous fait galoper dans les fleurs sauvages et nous amène près d’une belle petite rivière. Puis, j’ose comprendre par ses gestes qu’il parle de gros poissons. Ce qui s’avèrera ma première déception halieutique et pas la dernière. Le soir, nous débouchons à la yourte d’une femme pauvre et très hospitalière. Les conditions de vie y sont misérables : le lit de camp manque de défoncer quand je m’assois, le fromage ranci s’est durci sous les pattes des mouches et on y sèche de la viande de mouton depuis des lustres. Il y règne une atmosphère surannée et on se sent soudainement infiniment riche. Karine échange quelques expressions mongoles avec les habitants de la yourte voisine qui sont maintenant parmi nous pendant que la femme prépare la cuisine sur son lit.  Tout le  monde rit un bon coup entre les tasses de thé de lait de yak et les tartines de pain au beurre de…devinez quoi? Les Mongols sont très joviaux et semblent disposer de tout un sens de l’humour.  Puis, nous dormons dans notre petit abri de toile au sud de la yourte.

Les yourtes (les Mongols disent plutôt « Ger », peut-être en réponse aux brimades soviétiques, car le nom « yourte » vient du russe) sont toutes similaires : la place des invités est à gauche, la porte est toujours au sud, etc. Il y a tout un code d’éthique qu’on doit apprendre, faites-nous penser d’en reparler.

Le lendemain, au point du jour, nous avons lambiné jusqu’au milieu de l’avant-midi. Il n’y a rien de pressant ici, si ce n’est que la pêche que j’ai cru comprendre que nous ferions avec Borr en avant-midi. Quand il a vu que nous n’avions pas de canne à pêche, que la dame n’avait qu’un restant de fil, et que personne ne semblait avoir d’hameçon, nous sommes repartis bredouilles sur nos simili-selles.  

En après-midi, nous sommes arrivés chez une famille de quatre enfants où deux jeunes hommes m’ont accueilli avec de l’Airag (lait de jument fermenté et alcoolisé).  L’alcool blanchâtre était dans une ancienne bouteille de plastique de 2.5L (c’était une ancienne bouteille de bière). Un format qu’on trouve couramment ici. Tout ça pour vous dire que l’alcool goûtait le lait suri. Au début, c’est à se demander si ce n’est pas notre vomi qui passait dans le mauvais sens. Désolé si vous avez le haut-le-cœur, mais je peux vous garantir que nous l’avions. Et puis, on s’habitue il faut croire. Il paraît que le breuvage est antioxydant à moins que ce ne soit anti-occident?

Au sortir de la yourte, le plus testostérone m’a invité à lutter contre lui et j’ai décliné pour être sûr de bien garder en place tout ce lait de jument. Ou plutôt c’était la chienne de me péter de quoi au milieu de nulle part, car il m’apparaissait assez combatif.

Je lui ai fait des signes de lancer de pêche à la place et son ami a dégoté une canne chez un voisin et il a rafistolé un hameçon en dépliant une vieille épingle à linge et les enfants nous ont trouvé des sauterelles en guise de leurre.  Ça manquait de poids comme arrangement, mais j’ai rajouté un bout de bois et une petite roche. Malheureusement, pas de touche, mais j’en ai vu un! En espérant que notre chemin nous amènera vers des gens qui savent mieux pêcher pour notre expédition. J’aimerais bien que ce projet « tombe à l’eau » et qu’il en ressorte un bon souper!  La soirée s’est bien terminée avec la petite famille : le père nous a offert de la vodka distillée à partir du lait de yak et nous avons mangé du cheval avec des nouilles. Nos élucubrations mongoles se portent mieux.

Notre dernière journée à cheval s’est passée au grand trot. Karine a changé de cheval avec le mien et ils ont filé à vive allure jusqu’à Terelj! Borr et moi avions peine à les suivre.  Nous sommes revenus à UB (Oulan Bator) et nous nous reverrons après une autre excursion chez les nomades.

Que votre vie pétarade sous les perséides,

– François

A VOIR: Album photo de Terelj


8 commentaires

  1. Marie-Line

    WOW! Les paysages sont magnifiques, il faut le dire, c’est le calme plat! Je trouve intéressant de mettre des images sur les propres images que je m’étais créées en lisant des livres comme Darhan où l’action se passe en Mongolie sous le règne de Gengis Khan.

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  2. Louis

    Vous êtes surréels dans ce décor magnifique. Wow votre expérience prend tout un autre (et nouveau) tournant aux confins de l’Asie centrale. Quelles belles photos encore une fois, je vous adore! C’est vraiment impressionnant votre récit!
    Peace
    Bro

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  3. Pâtéisme inter-cochraneux de la Galaxie de la Voie Pâteuse

    La Mongolie, même si elle est peuplée de Mongols, semble être plus paisible et zen que la Chine qui elle, est remplie de Chinois. Au fait, avez-vous pu déguster leur plat national, le célèbre “pâté” lors de votre passage sur les terres de Feu Mao?

    Je vous lis aussi assidument, à chaque petite tranche de vie de voyage mais sans les odeurs ou les maux de coeur. Par contre j’ai eu un peu mal au coeur hier après avoir mangé 2 assiettes de gras mouillé du restaurant chinois. J’ai mal dormi toute la nuit mais je n’ai pas cherché à comprendre pourquoi. Bref…

    À bientôt mes poussinots! Vous êtes divertissants!!

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  4. Alex

    Comment au monde pourrais-je trouver plus divertissant que de lire des histoire de Rotch qui boit du lait fermenté de jument, suri qui semble goûter tout ce qui a de plus écoeurant, dans le confort de mon foyer un lundi soir, paisiblement évaché dans mon divan… Merci mon ami, merci vraiment!

    Que la pêche soit bonne!

    PS Photos/rencontres hallucinantes!

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    • Francois

      Salut Big Al!
      Je suis très content que ça te plaise. Je m’ennuie de ton humour et des fois j’écris de quoi et je t’imagine en train de pousser un des tes bons rires!
      Juste ça, ça me rend de bonne humeur, jusqu’à la prochaine affaire dégueu que je mange 😉 Aujourd’hui, j’ai essayé du Kvas à Moscou. C’est vendu dans les dep. comme une sorte de bière mais c’est à base de pain fermenté. C’est vraiment pas bon, n’essayer pas ça dans votre prochaine fête du pain des Briz… Saluera ton frérot pour sa fête pour moi!
      On se Skype ou de quoi, ca serait cool as-tu qqchose comme Facetime ou Google Video qu’on pourrait essayer sur le top d’une montagne en Géorgie?

      Ps: la pêche n’a pas été fructueuse, le seul poisson que j’ai pogné c’est en puissant ma bouteille d’eau au lac Baïkal; laisse-moi te dire qu’il aurait pas fait des gros filets sur le barbec!

      a+

      Rotch

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  5. Claude

    To think that I can be sitting in my Lazy Boy, sipping on a malt beverage (after a hard days work and on Doctors orders so as to fill my daily vitamin “B” complex requirements); and, wish I could be there with you (just for a few hours, so as to return to the comfort of my own bed tonight) says much about your sense of narrative and irony. I am hard pressed to drive one hour to Montreal just to avoid the people and traffic but you make me want to go to the other side of the earth. The horse and little boy picture is so cute; the horse has Lucy Luke like qualities of expression. To your health, just one more malt beverage…while thinking of our two happy travelers galloping around the grasslands.

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    • Francois

      Salut Claude!

      Merci pour ton commentaire c’est très apprécié. J’ai hâte de te revoir à mon retour et Karine est bien curieuse de te connaître davantage.
      La Russie est surprenante, on file demain pour le Caucase et allons voir pour de bon qui est la vrai race caucasienne 😉

      Enjoy the Malt, Vodka is too hard

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  6. diane

    Entre mon gâteau à la mélasse et mon pain aux courgettes
    on peut dire que tu m’as fait éclater de rire mon gars…
    Karine tu es magnifique avec tous ces enfants de tous les continents. Je manque de mots mes amis et franchement je préfère de loin les vôtres. Être avec vous me réjouie
    Bons baisers Mom XXX

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