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Chengdu et les pandas

Mis en ligne le 21 Juil 2011 — par Francois
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Huan Ying (Bienvenue) au Sichuan!

La Chine est grande et la promiscuité reste petite (lire minuscule).

Nous avons quitté la région autonome du Guangxi par train de Guilin vers Chengdu au Sichuan,  mais cette fois-ci, en couchette. Nos pieds et notre cou nous ont fait savoir leur appréciation. Quand même, ce n’était pas une expérience à tout casser. Le Sichuan est une province fertile qui abrite la source des plus grandes rivières de Chine.  C’est aussi une région montagneuse, ce qui explique les milliers de tunnels que nous avons dû franchir en train pour y arriver. Et quand nous passions dans les tunnels, ça faisait tellement de bruit dans ce vieux train que nous ne pouvions plus nous parler!

Chengdu, située au pied du plateau tibétain, est une assez grande ville avec ses 14 millions d’habitants. Elle a des ressemblances avec d’autres mégapoles chinoises : grandes rues larges, passages pour piétons sous-terrains pour traverser les immenses intersections, des tonnes de véhicules à 2 roues,  métro top notch, supermarket avec 36 caisses de large, etc. Mais, elle a un petit côté de ville de l’Ouest: les gens ont l’air d’y vivre bien, il y a plus d’espaces verts, des vignes sur les édifices et plantes grimpantes qui poussent sur le béton des échangeurs d’autoroutes.  Il y a beaucoup de gens qui courent  sur le bord des canaux malgré le temps maussade de fin de mousson et des nuits violemment orageuses.  La cuisine y serait très épicée. À ce jour, c’est pas mal piquant, mais le reste du pays n’est pas fade non plus. On trouve aussi à l’écart de la ville un endroit qui a piqué notre intérêt et où nous avons passé une journée: l’unique centre de recherche au monde sur les pandas.

Le centre de recherche est un OSBL avec comme but d’étudier et de faciliter la reproduction de pandas en captivité. Il en loge environ une centaine alors qu’il ne resterait que moins de 2000 pandas géants sur terre et moins de 5000 pandas rouges! Ces chiffres très faibles sont confirmés par plusieurs bouliers et acupuncteurs locaux.

La diète des pandas est composée de 95% de bambous: leur partie préférée étant le cœur. Ils sont très sélectifs sur les espèces de bambous. Le reste de leur nourriture est concoctée spécialement par les gens du parc.  De tout le bambou qu’ils ingèrent, ils n’en absorbent que 20% d’énergie. C’est pour cela qu’ils passent environ 14 h par jour à mastiquer le végétal. D’ailleurs, l’une des questions étudiées par les scientifiques est la compréhension du phénomène qui a poussé le panda géant à devenir végétarien alors qu’il était carnivore il y a 8 millions d’années. Le panda est une bête ingénieuse et ses pattes comprennent six doigts.  Le sixième, qui occupe la place du pouce, est un os du poignet allongé. Le panda est même capable de jouer régulièrement au mah-jong et de faire voler le cerf-volant (ok, la dernière affirmation est peut-être encore une de mes fabulations.)

Le panda a un très faible taux de survie à l’état sauvage dû à la répartition de sa petite population et aussi parce que ces bêtes ne sont pas d’une grande fécondité. Le mâle, avec sa nourriture à portée de main, prend l’habitude de ne pas faire d’efforts même pour se reproduire. Au centre de recherche, seulement 10 % d’entre eux s’accouplent. Et seulement 30 % des femelles accouplées font des petits. Afin de sauvegarder l’espèce, le centre à recours à l’insémination artificielle. Puis, finalement, à la naissance, les petits rejetons sont minuscules et ne pèsent qu’environ 50 g. Ils sont très fragiles et ne voient pas la lumière avant 1 mois! Ils sont techniquement prématurés; un autre facteur qui contribue à rendre ce gros toutou très vulnérable.

Le centre de recherche de Chengdu est très bien aménagé, sans fumée, et les Chinois sont presque calmes quand ils s’ameutent devant les pandas. C’est loin d’être la désolation du zoo de Pékin. Nous n’avons pas à se faufiler entre les éventails, les talons hauts,  les robes en dentelle et les parapluies/pare-soleil crève-yeux sont en nombre réduit. Nous nous faisons toujours aussi souvent prendre en photo par les Chinois. Karine, et ses beaux yeux marron, et moi, le yellow-green eyes  châtain bouclé. Nous sommes des curiosités avec notre look de l’autre bout du monde! Mais, ils ne nous ont pas encore donné de bonbons pour nous prendre en photo. Devrait-on en demander?

À la prochaine, c’est l’heure de célébrer l’année du lièvre. Si les pandas pouvaient en faire autant.

-François