05-Géorgie

Parc national de Borjomi

Mis en ligne le 23 Sep 2011 — par Karine
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Un dernier Gamarjoba de la Géorgie!

Las et veules, nous nous sommes posés à Borjomi après toute cette action dans la région de Svaneti. Aussitôt arrivés, aussitôt une dame altruiste, Mme. Maria, nous a proposé de dormir dans l’un des appartements non loués d’un énorme bloc soviétique où elle habitait pour peu de laris. Yahoo!  Nous en avons donc profité pour laver tout ce qui était techniquement possible de nettoyer dans la bassine. Le grand ménage de l’automne!

La rivière Mtkvari, la même qu’à Tbilissi, coule à travers la tranquille ville de Borjomi qui compte 14 000 âmes. C’est sympathique et de tout repos; nous nous plaisons à s’y reposer un tantinet avant de remettre les bottes en forêt.

C’était le calme avant la tempête.

Nous revoilà déjà en plein cœur des montagnes, mais cette fois-ci, du côté du petit Caucase. On se croirait au Québec, début septembre. Le temps est doux et les forêts de conifères et de feuillus qui nous encerclent ont une agréable odeur. Nous sommes au parc national de Borjomi, soit le plus vieux territoire protégé de la Géorgie.  Il compte plusieurs espèces d’animaux qui ressemblent étrangement à la faune laurentienne. Nous y retrouvons une grande variété d’oiseaux, de cerfs, de sangliers, d’ours, de loups et j’en passe. Depuis 2006, le parc national de Borjomi s’est également donné comme mission de réintroduire la chèvre de montagne Bezoar. À l’une des entrées du parc, il est donc possible d’observer quelques individus en captivité.

En effet, dans ce parc, il y a beaucoup d’animaux, mais rapidement, nous nous rendrons compte que la population d’humains est nulle comparativement à la population de bêtes sauvages. Peut-on appeler ça de la communion avec la nature?

Nous décidons de partir à la conquête des bois en véritables coureurs canadiens français munis de notre baluchon moderne et de nos provisions (saucisson et fromage russe, spaghetti et sauce aux tomates sucrée géorgienne et vin géorgien, bien entendu!) Le premier jour, nous sommes plein de vie et prêts à marcher plusieurs bornes pour atteindre le fameux refuge d’Amarati. Environ 16 kilomètres nous attendent. Finalement, ce sera une bonne vingtaine de kilomètres que nous marcherons pendant un peu plus de 10 heures. Voyez l’histoire…

Dans ce parc, les sentiers sont balisés. Le hic, c’est qu’ils sont balisés à la géorgienne, c’est-à-dire que nous trouvons une marque de temps à autre. Et si vous êtes chanceux, vous pouvez apercevoir une flèche! Tout a commencé lorsque nous avons emprunté un chemin relativement balisé qui n’était pas réellement un sentier en fait. C’était plutôt un circuit de paysans qui passent là avec leurs chevaux. Nous étions perdus sans vraiment le savoir.

C’est en arrivant par hasard chez le seul paysan du coin que nous saurons qu’il y a quelque chose qui cloche. Très sympathique, il nous tend la main et nous offre son aide, encerclé par ses cochons qui grattent le sol avec leurs museaux. Puis, il nous pointe la montagne où se situe le refuge d’Amarati et nous indique le chemin à prendre pour s’y rendre en mentionnant le mot « problem » et en pointant ma montre. Nous nous disons : « Bah! Y’en a pas de problème, nous allons marcher, ce gars-là ne doit pas vraiment savoir à quelle distance se trouve l’abri puisque notre carte nous montre qu’il se situe tout près. » Morale de cette histoire : il faut parfois se fier davantage aux habitants qui connaissent le coin qu’à des foutues balises qui nous induisent en erreur. Nous faisons fi des directives de l’éleveur puis nous partons dans le mauvais sens et aboutissons en plein cœur de la vallée. Marche et marche à travers les pics-pics et les framboisiers. Les égratignures jaillirent de toutes parts. Pas l’ombre d’un sentier. Nous décidons de grimer en haut de la colline pour connaître l’endroit où nous nous sommes empêtrés. Et c’est là que nous restons complètement bouche-bés, hébétés : nous avons retrouvé l’un des bons sentiers, mais pas celui que nous croyions! Nous découvrons que nous sommes sur le chemin opposé qu’il fallait prendre et qu’il faut faire un détour de plusieurs kilomètres avant d’atteindre le refuge. Et le crépuscule se pointe. Il se fait tard et le ciel est sombre. Nous embrayons de ce pas pour trouver le refuge. La noirceur a déjà fait son œuvre. La lampe frontale est sortie et nous marchons le plus vite que nous pouvons. François siffle en tassant les buissons et sort des « OOOh! » graves. Quant à moi, j’invente des rires diaboliques pour effrayer tous les loups du quartier. Et voilà, malgré le noir de plus en plus opaque et la crainte de ne pas arriver à temps, nous lâchons un tas d’âneries et nous beuglons « Bilou! B-I-L-O-U! » (le nom de notre chat resté au Québec). Les fabulations aident le moral de notre troupe. Vers 20h30, épuisés, nous montons la tente en plein champ de chevaux après les avoir effrayés par mégarde à l’aide de notre faisceau de lumière. Pas de trace du refuge d’Amarati.

Le lendemain matin, nous étions persuadés d’avoir perdu le sentier dans la pénombre. Mais, il passait juste derrière la tente! Probablement que nous avions passé près de la fourche qui se rendait au refuge en pleine obscurité. Évidemment, il ne fallait pas s’attendre à ce que les balises géorgiennes nous indiquent clairement l’endroit, surtout lorsqu’il fait noir comme chez le loup. Au moins, il faisait très beau et nous redescendons par le sentier panoramique – oui, oui, le BON sentier cette fois -. Une bonne marche de 16 kilomètres qui a ragaillardi nos mollets de voyageurs une fois de plus!

– Fin de l’anecdote des bois borjomiens. –

Changement de cap. Les chroniqueurs du vaste monde vous annoncent qu’ils prennent des « vacances » pour quelques jours à Batoumi, une ville charmante. Ils barbotent dans la mer Noire – qui n’est pas noire en passant – et essaient de se prélasser sur la plage constituée de grosses pierres polies. Dur pour le dos quoique thérapeutique, qui sait! Nous verrons si un rendez-vous chez le chiro turc s’impose après! Ah oui! Il faut vous le mentionner : la Turquie arrive à grands pas…ou plutôt, c’est bientôt à pas de géant que nous foulerons la frontière turque!

Tenez-vous prêts pour de nouvelles aventures!

Et si le cœur vous le dit, faites une petite saucette dans le Memphrémagog ou le lac Walker, question de vous requinquer en ce début d’automne et d’accompagner notre baignade dans la mer Noire! En plus, ça devrait vous donner une bonne idée de la température du lac Baïkal au mois d’août si vous êtes curieux! Disons que l’expérience est plutôt rafraîchissante!

– Karine

À VOIR: Album photo du Parc national de Borjomi

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