Malatya

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Mis en ligne le27 Sep 2011 dans 06-Turquie

Merhaba,

Ça vous tente de faire un saut en Turquie? Suivez vos chers bachi-bouzouks jusqu’en Anatolie et c’est comme si vous y étiez!

Après les formalités frontalières, nous prenons l’autobus en direction d’Erzurum. L’autocar tout propre grimpe les montagnes luxuriantes sur le bord de la mer Noire et redescend dans des canyons abrupts. Dans l’autobus, il y a un agent bien propre en chemise bleu pâle qui nous offre de l’eau, nous donne du produit pour se laver les mains et certains passagers lisent le journal ou font des mots croisés. Arrivés à Erzurum, nous dormons sur nos matelas de sol dans un bureau de vente de billets dans l’otogar. Il semble que c’est assez commun en Turquie de roupillonner dans les stations d’autobus. Karine, au matin, fait l’expérience dans la salle de bain de se brosser les dents à côté de femmes plus jeunes qui se voilent le visage jusqu’aux yeux, d’autres portent l’hidjab et certaines se lavent les pieds avec l’eau de robinets avant d’aller faire leurs prières. Nous ne voyions pratiquement que des hommes à l’extérieur: les femmes doivent sans doute rester à la maison.

La langue turque est parsemée de demi-lune sur le G, de S cédille et d’omniprésence de trémas sur le O et le U.  Bien que la plupart des expressions nous soient totalement différentes, il n’en demeure pas moins que, tout comme en Russie, certains mots peuvent être devinés plus facilement : Otokar, Polis, Büfe, Baraj, Plaj, Bulvar, etc.

Le lendemain, nous poursuivons la route vers le sud. Les paysages ressemblent maintenant beaucoup plus à l’Arménie ou aux séquences tournées au Moyen-Orient du film Babel, la première fois que moi et Karine sommes allés aux vues ensemble. Des montagnes sèches et jaunies, quelques arbres près des cours d’eau, des landes nues et monotones. Il faut dire qu’ici, nous sommes plus près de l’Iran, de l’Irak ou de la Syrie que d’Istanbul. Nous arrivons dans cette Mésopotamie, là où les premières civilisations ont émergé. Dans cette Asie mineure, près du bassin hydrographique de l’Euphrate, se trouve la ville de Malatya.

Malatya est reconnue mondialement pour être la capitale de l’abricot. Des vergers d’abricotiers entourent la ville afin de fournir pas moins de 65 % de la production mondiale d’abricots séchés et 20 % de la production d’abricots frais. Malatya possède un marché spécialisé où on trouve toutes les variétés ainsi qu’une myriade de produits abricotés et pleins de noix et de figues de Turquie. Nous sommes comme des enfants dans une maison de bonbons. Dans cette région, c’est aussi le paradis des pistaches et des baklavas.

Les Turcs sont d’une hospitalité jamais égalée jusqu’à maintenant. Bien que nous avions rencontré des gens qui nous ont bien très bien accueillis jusqu’à maintenant, ici c’est le comble. Les petites histoires suivantes vous en donneront quelques exemples.

D’abord, au marché des abricots, les commerçants nous font goûter à leurs meilleurs produits gratuitement. Il y en a un qui nous donne du chocolat aux abricots en grande quantité et qui ne veut pas que je lui donne quelques liras en échange. Ils ne sont même pas déçus si nous n’achetons rien! Et même si au bout d’un instant, nous n’en pouvons plus de cette affluence de sucres, ils en redonnent encore. Ils sont si contents de voir des étrangers qu’ils invitent leur voisin de commerce et nous convient à prendre le chai (thé). Ils sortent les petites chaises et la table. C’est ce qui est arrivé chez ce marchand de boulgours, de pois chiches et autres avec qui nous avons bu le thé. Il a téléphoné pour qu’un livreur de thé ambulant de la rue nous apporte un verre. En plus, ils ne veulent pas que nous sortions un sou de nos poches et sont très contents quand nous prenons des photos d’eux ou de leur commerce. Ils nous tiennent par l’épaule et nous serrent vivement la main avec de grands sourires lors de notre départ. Franchement, ces musulmans kurdes sont tout le contraire des quelques extrémistes que défraient nos manchettes occidentales!

Deux minutes après avoir quitté le marchand de légumineuses séchées, c’est un chauffeur de taxi de New York, en vacances dans son pays, qui nous apostrophe. Nous jasons un brin avec lui et ses copains assis sur le trottoir. Il nous pose plein de questions sur nous et sur nos impressions du pays, et il nous invite à prendre le thé. Malheureusement, nous devons décliner parce que, vraiment là, il fallait retourner dans notre chambre pour excès de sucrages et de chai.

Au restaurant, c’est la même histoire. Dès que nous entrons, nous sommes accueillis par le gérant et sa poignée de main. Quelques serveurs sont régulièrement à notre service et nous mangeons comme des rois: de l’agneau, des brochettes de poulet au barbecue, des salades délicieuses, etc. Et après avoir payé une facture vraiment pas chère, avant de partir, le gérant nous offre des prunes et raisins frais ainsi que du thé et du café sur son bras. Ils sont vraiment heureux de nous accueillir chez eux. Nous tentons de leur dire que nous venons du Québec, mais ils comprennent « Ouzbek? » alors nous nous contentons de leur dire que nous sommes du Canada. Aussi, nous nous faisons souvent arrêter par des passants: certains nous serrent là main et un autre a même embrassé Karine sur a tête!

Nous sommes aussi allés à Battalgazi, l’ancien Malatya. Il y avait un caravanserai, une sorte d’endroit qui accueillait les caravanes par le passé. Il y avait aussi la belle mosquée de Ulu Camii que nous avons pu visiter de l’intérieur grâce à un garçon d’environ 14 ans rencontré sur la rue quelques minutes plus tôt. Il était très fier, nous a demandé d’enlever nos souliers et à demander à Karine de se mettre un foulard sur les cheveux et nous a pris en photo. Puis, il est parti tout bonnement avec un sourire sans rien demander de plus.

En redescendant vers la place centrale, nous avons pris un thé dans un jardin qui n’était occupé que par des hommes, sauf Karine, bien sûr! Un vieux monsieur nous a demandé d’où nous venions et m’a affiché un grand sourire quand je lui ai demandé si je pouvais le photographier.

Il importe de souligner que Malatya est également dans le sud-est de la Turquie, dans une partie du Kurdistan. Les habitants sont pour la plupart des musulmans kurdes comme Kemal, ce monsieur du bureau de l’information touristique. Comme nous n’arrivions pas à trouver le bureau, nous avons demandé à un hôtel assez chic et l’un des réceptionnistes est venu avec nous dans la rue pour montrer le chemin, un bon vingt minutes plus loin. Il nous conduit sur une terrasse où une centaine de gens prenaient le thé sous de gros arbres. Puis, apparaît Kemal avec ses cheveux longs et sa moustache. D’abord, en le voyant dans ses tentatives d’explications, fines comme du gros sel, je flaire l’arnaque et lui demande de nous montrer le bureau. Il reste patient, nous demande de s’asseoir puis nous offre un thé, nous apporte les cartes touristiques et répond à toutes nos questions gentiment. Il nous donne un paquet de bons tuyaux, nous recommande un endroit pour dormir vraiment pas cher, etc. À la fin de nos discussions, il nous explique qu’il aime simplement mieux travailler dehors qu’à l’intérieur pendant l’été. Le soir, je trouve par hasard sa photo à quelques reprises sur Internet avec d’autres touristes qui étaient très contents de l’avoir rencontré, cet homme du « bureau touristique ».

En Turquie, merci se dit Teshekuur Ederim, mais Kemal nous a dit que nous pouvions aussi bien dire Tea Sugar Dream.

Je vous souhaite donc de bons rêves, amers ou sucrés, comme vous voulez!

– François

À VOIR : Album photos de Malatya


4 commentaires

  1. Mononcle Luc

    Salut les bachi-bouzouks !!!
    Toujours émerveillés par vos récits et photos . J’ai vraiment hate de voir la suite car la Turquie est vraiment un pays méconnu ou mal connu . Karine tu es resplendissante sur la photo avec ce Monsieur qui ressemble plus a Astérix qu’a un musulman kurde , quand a François , il me semble que je le vois souvent avec un petit verre a la main ( chanceux ) . Ici au ”Ouzbec”il a plu tout le week end , pas terrible pour le début de la chasse a l’orignal . Justement apres le souper il en en sorti un du bois a environ 30 pieds de mon balcon arriere , c’était la premiere fois que ma nouvelle blonde en voyait un ” live ” . Bon je vous laisse les jeunes , vous avez surement autre chose a faire que lire le radottage du vieux monocle Luc . A plus tard .

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    • Francois

      Salut Lucky moose
      Oh non ce ne sont pas des radotages préenregistrés sur un appeau d’orignal qui se rendent jusqu’en Turquie! C’est plutôt de l’énergie fraîche qui nous fait bien rire et qui fait du bien. Lâche pas et bonne chasse. Attention sur les routes, des fois que le beau-frère y serait!

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  2. sophie

    Ah! merci de me faire voyager et de me faire patienter jusqua mon propre depart,dans maintenant moins de quatre mois,jai tellement hate peut nous croiserons nous dans le coin de la nouvelles zelande. Lache pas vous etes beau a voir!

    sophie 🙂

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    • Karine

      Salut Sophie!

      Contente de savoir que tu suis encore nos aventures! Ça doit te donner le goût! Quand est-ce que tu pars déjà? Une chose est sûre, le temps file rapidement et il faut en profiter. Tu ne le regretteras pas, c’est sûr. Et à chaque fois qu’on change de pays, c’est une nouvelle excitation, une joie du style “avant-Noël” pour savoir ce qu’on va y découvrir.
      Bonne préparation!
      Karine

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